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jeudi 23 juillet 2026

Ghost I-IV


Normalement, un processus de recrutement pour une mission de consultant, cela prend environ deux semaines. Avec deux, voire trois rounds d'entretiens. Si vous êtes un cadre senior, vous avez très probablement une expertise précise. Le client demande quelqu'un de disponible et possédant cette expertise ; un cabinet va donc d'emblée partir sur une short-list.
D'abord un dégrossissage par la stagiaire. Elle vérifie que vous êtes bien disponible et que vous seriez éventuellement intéressé par le poste. Parfois, on vous appelle une première fois, juste pour fixer une date pour un briefing de 15 minutes. Quoi qu'il en soit, à la fin, vous lui remettez un CV à jour et parfois, vous remplissez un dossier de compétence. L'entretien principal, il a lieu avec le commercial senior. Son travail consiste à confirmer que vous possédez telle expertise et que vous êtes près à travailler pour le client (problématique de l'éloignement, du salaire, etc.) Ensuite, le commercial senior va valider vos références. Normalement, le cabinet de consultant ne présente qu'un ou deux profils au client final. L'entretien avec le client n'a rien d'obligatoire (d'ailleurs, il est théoriquement interdit ; le client doit recruter une prestation, pas un prestataire.) Généralement, il s'agit simplement de valider tout ce qui a été dit jusqu'ici et parfois, de préparer votre venue (poste de travail, horaires, accès informatique, badge...)

Voilà pour le cheminement normal.

A certains moments (noël, ponts d'avril et de mai, été...), il faut aller vite. Cette semaine, tous les donneurs d'ordre du client sont présents. Car la commande de prestation doit être signée, contresignée, contre-contresignée... Dans deux jours, une partie des signataires seront à la plage ! Et il faudra attendre plusieurs semaines pour que la chaine soit reconstituée. C'est logiquement une période avec moins d'offres de prestations. Les commerciaux se jettent sur la moindre opportunité.
Donc le commercial senior vous appelle directement. Il se présente à peine et bien sûr, il ne vous demande pas si vous pouvez lui accorder quelques minutes... Le commercial veut des informations TOUT DE SUITE. CV à jour, références, exemples de travaux que vous avez effectué... Votre ex-N+1 est en congé ? Et votre N+2, vous avez ses coordonnés ? Très impatient (euphémisme), il n'hésite pas à vous rappeler plusieurs fois si vous trainez à lui envoyer les informations. Quitte à vous relancer en soirée. Pour vous motiver, il vous garanti que c'est dans la poche. Pour vous, c'est inespéré : à cette période de l'année, vous aviez fait une croix sur une reprise d'activité à court terme. Vous vous projetez déjà, chez le client. Vous vous rappelez qu'il vous manque une tenue décente pour travailler ou que vous allez devoir avancer un certain nombre de frais...
Si ça marche, vous voilà moins de 48h plus tard chez le client. A mon avis, les entreprises font exprès que leurs salles soient orientés plein sud et qu'elles ne soient pas climatisées... Au moins, vous avez un travail, même si vous ne connaissez même pas le nom du cabinet pour lequel vous travaillez désormais ! Parfois, vous savez à peine sur quoi vous allez travailler !
Et neuf fois sur dix, le lendemain, c'est silence-radio. Plus les heures passent et plus vos chances s'amenuisent. C'est d'autant plus violent qu'hier, le commercial vous bombardait de messages. Si vous aviez planifié un briefing pré-entretien final, le commercial ne se connecte pas. Ou carrément, il a discrètement annulé l'invitation sur Teams. Bien sûr, il ne répond pas à vos appels, ni à vos mails. Il vous a ghosté, comme disent les djeuns. Voilà, la mission de prestation n'était qu'un mirage...

Et quelques jours, quelques semaines plus tard, un autre consultant vous propose une autre mission. Sur un ton tout aussi pressant. A la longue, forcément, vous y croyez moins. Et forcément, le commercial percevra votre manque de motivation, voire votre exaspération...

lundi 13 juillet 2026

Slop Linkedin... Sous IA

Lorsque vous cherchez un emploi, aujourd'hui, vous devez forcément passer par LinkedIn. Mon conseil, c'est d'y aller une ou deux fois par jour. Coupez les notifications et ne regardez pas votre mur...

LinkedIn remonte à un temps d'avant les réseaux sociaux. Lorsque l'on cherchait à connecter les particuliers entre eux.
La première étape, en 2001, ce fut Copain d'Avant. Un site pour retrouver ses anciens camarades de classe. Viaduc (devenu depuis Viadeo) transposa cela au monde professionnel. C'était basique : vous disiez où et quand vous aviez travaillé, point. LinkedIn arriva des USA en 2008. A l'origine, comme Viadeo, il proposait un genre de CV en ligne. Mais vous ne pouviez contacter que des proches ou des gens ayant supposément travaillé avec vous.

L'internet a fait des pas de géant durant les années 2010. LinkedIn a su en profiter et doubler Viadeo : ajout de davantage de texte, de photos, de logos... Pour le chercheur d'emploi, c'était l'occasion de détailler davantage ses expériences. On rempli souvent son profil au fil de l'eau. Les recruteurs peuvent donc davantage cerner un candidat... Et ceux qui modifient, voire s'inventent des expériences, via les écarts avec le CV... Les DRH en profitent pour cibler les faux employés et les employés un peu trop bavard sur des projets confidentiels.
Malgré tout, LinkedIn était un moyen d'accéder au fameux "marché caché de l'emploi"...

Puis, durant les années 2010, tout devait devenir "social". LinkedIn s'est doté d'un chat et surtout, d'un mur pour poster ses actualités. Il y a aussi des offres d'emploi ; mais le site les mets à jour tous les 36 du mois, donc passons vite dessus.
Si vous êtes une entreprise, le mur est utile pour communiquer. D'ailleurs, avant un entretien, c'est toujours utile de se rencarder sur les actualités de la société X, via LinkedIn. Le réseau vous donnant la parole officielle, alors que la presse pro va souvent aborder les sujets qui fâchent - et qu'il faut éviter d'évoquer -.
Mais LinkedIn, c'est avant tout un nombre infinitésimal d'autoentrepreneurs, de consultants, de coachs indépendants, etc. qui cherchent désespérément à exister. Solution : spammer son mur avec une histoire excessivement dramatique, pleine de jargon pro et d'anglicismes. Par exemple : "Au petit-déjeuner, j'ai voulu manger une tartine à la confiture. Arrivé à mi-tartine, je n'avais plus de confiture. C'est alors que j'ai eu une idée complètement disruptive : prendre du Nutella. J'ai métamorphosé le paradigme de la tartine, en pensant hors de la boite. Cela m'a permis d'optimiser ma tartine de façon non-conventionnelle. En entreprise, on n'ose pas sortir de sa zone de confort et se confronter à des idées qui vont contre nos croyances. Pour ceux qui n'ont pas peur de renverser la table, un nouveau chapitre s'ouvre à vous. Je conseille mon nouvel e-book (...)"

Le slop LinkedIn, c'était devenu un meme. Mais désormais, on conseille aux chercheurs d'emploi de produire du contenu, sur leur mur LinkedIn! Sauf qu'a priori, en tant que chômeur, vous n'avez pas d'actualité professionnelle. Et sûrement pas de manière quotidienne. Mais ne vous inquiétez pas : l'IA est là pour ça. Non seulement l'IA peut vous dire quels sont les moments stratégiques pour poster, mais aussi quoi poster, afin de créer de l'engagement. De l'engagement ? Vous n'êtes pas influenceur, vous cherchez juste un emploi ! L'IA peut même vous rédiger votre publication quotidienne, avec une illustration ou un schéma.
Bien sûr, l'IA n'est qu'un outil. En théorie, vous devez retoucher et personnaliser votre publication, avant diffusion. En pratique, la plupart des gens ne s'embêtent pas et ils publient tel quel. Cela donne des posts comme cela :
" "Ce n'est pas possible. Tu ne peux pas le faire."

Pourtant, je l'ai fait.

Grâce au Nutella, j'ai pu résoudre un problème complexe.

Au petit-déjeuner, je voulais une tartine à la confiture. Un plaisir simple.

Une tartine. De la confiture.

Mais à mi-tartine, j'ai eu un problème. Un problème insurmontable. Plus de confiture.

Mon plaisir simple était contrarié.

C'est alors que j'ai trouvé une solution. Hors de la boite.

Du Nutella.

Ma tartine était complète. J'ai pu profiter d'un plaisir simple.

(...)"
Comme les conseillers emploi sont unanimes (et que l'IA est à la mode), votre mur LinkedIn est spammé de ces pavetons imbitables et impersonnels. Sans oublier les traditionnelles photos de personnages avec trois mains ou quinze doigts. Plus personne n'a envie de consulter son mur. Le réseau est conscient du problème. Il annonce qu'il va désormais écarter les messages créés sous IA. Ce n'est pas de la philanthropie : les slops font fuir les utilisateurs. Or, ce que vend LinkedIn aux annonceurs, ce sont des encarts pubs sur le mur. A quoi bon mettre une publicité là où personne ne vient ? Ironie de l'histoire, c'est une IA qui va détecter les publications réalisées sous IA.

jeudi 9 juillet 2026

La pente glissante

De décennies en décennies, France Travail traite de moins en moins bien les demandeurs d'emploi. A croire qu'il y a une recherche permanente de la solution la plus impersonnelle, la plus frustrante !

A l'origine, le nouvel inscrit devait se rendre à un entretien personnel. Vous receviez un courrier qui vous disait : "Venez après-demain, à telle heure." C'était directif. Vous voila devant un conseiller souvent apathique. Il vous demandait de lui dicter votre CV (rassurez-vous, il ne pouvait rentrer que les deux dernières expériences.) Les champs pré-remplis ne correspondaient à rien. Il s'agissait avant tout de dire que oui, vous cherchiez un emploi. Et on vous reconvoquait régulièrement, de manière impromptue. vous signiez une feuille d'émargement et comme le logiciel merdait, vous étiez inscrit absent, synonyme de radiation.

Puis ce fut l'entretien collectif. Un conseiller impassible vous débitait des lieux communs. Un tiers des participants était en retard. Seule une minorité était venu avec un papier et un stylo. Certains ne faisaient même pas semblant d'écouter. A la séance de questions/réponses, vous aviez l'habituel cas social qui racontait sa vie... Et au bout de cinq minutes de monologue, le conseiller finissait par dire : "Je vais vous mettre en relation avec un conseiller..."

Durant le covid, c'était l'entretien en vision, par Teams. Vous aviez le même genre d'animateur/conseiller, avec le même discours prémâché, mais en distanciel. Technologie !

Et maintenant, vous avez des sessions animées par Ken & Barbie, au niveau national. Toujours en visio, mais caméra, micro et chat coupé. Vous ne savez pas combien de personnes sont présentes (100 ? 1000 ?) Ils ne font même pas semblant de personnaliser leur discours. Et quand je dis "Ken & Barbie", c'est ceux de Temu. "Euh... Et on charge la page suivante... Voilà... Euh..."

dimanche 5 juillet 2026

Bon entretien, mauvais entretien


Avec l'expérience, vous savez d'emblée si un entretien est réussi ou non.

Quelques précisions : on parle du dernier entretien ; celui avec votre futur N+1 ou N+2. D'une part, un professionnel du recrutement (cabinet, DRH...) sera moins expressif. De plus, c'est surtout votre éventuel responsable qui a le dernier mot. Vous pouvez avoir un retour très positif d'un cabinet, puis lorsque votre profil est présenté à un manager, il l'envoie à la corbeille...

Bon entretien
C'est l'aboutissement logique. Après tout, vous avez déjà passé trois, voire quatre filtres, le manager a parcouru votre dossier, il en a parlé au recruteur... Bref, il s'agit de valider un profil. Parfois, vous êtes le dernier candidat en lice.
Il s'est passé plusieurs semaines, depuis le début du processus de recrutement. Le recruteur peut donc être pressé - ou soulagé - d'avoir enfin quelqu'un.

Un bon entretien, c'est un échange. Le recruteur réagit à vos affirmations. Il a du mal à cacher son enthousiasme. Parfois, il commence déjà à rentrer dans les dossiers avec vous. Il se projette sur votre mission (date de début, poste de travail, demandes d'accès...) Parfois, il part chercher quelqu'un avec qui vous seriez amener à travailler.

En résumé, vous avez déjà un pied dans l'entreprise. Même si le recruteur jure - pour la forme - qu'il a besoin de temps pour réfléchir...

Mauvais entretien
La règle N°1 de la négociation, c'est de feindre son manque d'intérêt pour le produit ! Et le produit, ici, c'est vous. Il est donc fréquent d'être accueilli par un tir de barrage. Mais un non-professionnel du recrutement aura tendance à tomber rapidement le masque.
Sauf qu'ici, les minutes passent et le recruteur reste indifférent, voire agressif. Il n'écoute pas vos arguments. Parfois, il ne vous écoute pas tout court et il pose une question, alors que vous y avez déjà répondu. Le recruteur évoque l'entreprise et le projet dans des termes très généraux ; il vous voit comme quelqu'un de l'extérieur, auquel il faut éviter de divulguer des secrets.

Souvent, l'entretien va achopper sur un point (le grand classique : la distance entre votre domicile et l'entreprise.) En fait, le recruteur cherchait simplement une excuse objective pour écarter votre profil.

Ce recruteur n'a jamais eu l'intention de vous prendre. Soit il a déjà trouvé la bonne personne (et il vous a convoqué, afin de se donner un semblant de choix.) Soit c'est juste une perte de temps, pour vous et pour lui. C'est d'autant plus pénible si le recruteur exige d'aller jusqu'au terme ou si vous vous êtes déplacé.

jeudi 25 juin 2026

Les pires recruteurs


En 12 ans que je tiens ce blog, je n'ai curieusement jamais évoqué les recruteurs. Voici une liste des pires... A bien y réfléchir, c'est presque une liste exhaustive des recruteurs. Car vous êtes rarement bien accueilli. Oui, mais entre ça et les chômages, le choix est vite fait... Comme le processus de recrutement est long, vous en verez au moins deux ou trois.

La stagiaire "wesh"
Pour appeler les candidats et valider les informations de base, les cabinets font appel à des juniors. Et c'est rarement des lumières. Quand vous voyagez au bout du monde, vous tombez sur des guides qui parlent un français digne de Molière... Elle, elle est née ici et pourtant, elle a du mal avec le présent de l'indicatif des verbes du premier groupe !

En général, elle ne fait que des appels courts. Vous répondez par oui ou par non et ensuite, elle vous fixe un rendez-vous avec un vrai recruteur. C'est pénible, mais bref.
Mais parfois, elle s'occupe aussi du premier vrai entretien. Elle lit les questions, sans aucune émotion. Vous avez répondu à la question 4) dans la question 2) ? Pas grave, elle vous la pose quand même ! Surtout, son langage limité est source de quiproquo. Par exemple, elle peut percevoir les formules de politesse comme de l'agressivité passive. Donc, votre profil risque d'être écarté à cause d'une erreur.


L'horloger
Vous aviez rendez-vous à 10h. Il débarque tranquillement, à 10h10, café à la main. Et il ne s'excuse même pas. Il n'a rien à foutre de vous.

Le gosse
Il est à peine plus vieux que la stagiaire. Et à peine plus malin.

Il se croit obligé de se présenter et de vous présenter votre cabinet. Sachant que c'est probablement la première et dernière fois que vous lui parlez. Même si vous êtes en prestation, vous ne serez jamais physiquement au cabinet.
Pendant 5 bonnes minutes, vous devez supporter sa présentation d'un ton monocorde. Vu son âge, son expérience est forcément limitée.

Ce qu'il en ressort, c'est que vous êtes plus vieux, plus capé, plus malin et que vous avez davantage fait d'études que lui. Mais vous êtes à sa merci.

L'interrogatoire
Là, c'est plutôt au deuxième niveau. Vous avez passé un premier entretien, vous avez rempli un dossier de compétence... Mais la personne veut tout revoir à zéro. Les questions s'enchainent : "Vous étiez où, de 2005 à 2006 ?", "Vous avez marqué que vous étiez [titre de poste], mais le poste ne correspond pas !"

Que cherche cette personne ? A valider votre profil ? Ou bien à vous piéger ?

La woke
Elle recherche des "profils diversifiés". Si la description de poste est en écriture inclusive (par exemple : recherche inforticien-ne-s) ou que l'entreprise se vante de "mettre en avant l'inclusivité", vous savez que c'est game over pour vous.

Le pêcheur de perles
Il cherche la perle rare. L'entreprise à eu une commande en Grande-Bretagne, en 1995 ? Il lui faut un commercial bilingue ! L'entreprise réalise 0,01% de son chiffre d'affaires dans le militaire ? Le qualiticien doit connaître les normes militaires sur le bout des doigts ! Et bien sûr, le salaire est inférieur à la moyenne.

Donc il a tendance à rejeter des candidats qui serait largement dimensionné pour le job.
Pour attirer ceux qui rentrent dans la case, le cabinet n'hésite pas à survendre le poste et l'entreprise. Une fois sur place, vous découvrez 9 fois sur 10 une PME minable, située au milieu de nul part.


Le mauvais bluffeur
Vous savez que vous êtes le meilleur candidat. Peut-être même que vous êtes le seul. Mais le recruteur ne veut surtout pas le montrer. Quitte à être inutilement agressif lors de l'entretien ou à faire trainer le processus.

Certes, la règle N°1 du commerce, c'est de masquer son intérêt pour le produit. Mais vous risquez surtout de dégouter le candidat. Or, le but du recrutement, c'est de changer un candidat en employé...


L'homme transparent
Vous passez un long entretien. Au moins, tout se passe bien. La prochaine étape, ce sera sans doute un "oui" par téléphone... Sauf que là, à la fin de l'entretien, l'interlocuteur vous dit que vous devez encore voir quelqu'un. La personne à laquelle vous avez parlé n'a pas les pouvoirs pour recruter quelqu'un.

Et 9 fois sur 10, la personne que vous avez vu, c'est votre N+1. Votre éventuel patron a beau avoir un titre qui prend trois lignes sur sa carte de visite, il n'a qu'un pouvoir décisionnel limité.
C'est ce que l'on appelle un mauvais présage pour la suite.

Le groupe
Vous êtes face à deux, trois personnes... Mais durant l'entretien, une seule parle. Les autres ne se réveilleront que lorsque l'on abordera leur sujet. En général, la personne qui parle profite de la supériorité numérique pour vous écraser.

Encore une fois, on se demande s'ils cherchent vraiment à recruter quelqu'un ou s'ils aiment juste humilier les gens...

SOS Fantôme
"Je transmets votre dossier au client et je reviens vers vous d'ici 48h." "On se voit lundi, je vous envoi tout de suite un mail de confirmation." Et c'est la dernière fois que vous entendez parler de lui.
Souvent, lorsqu'un candidat est écarté ou que le cabinet n'obtient pas le mandat, le candidat n'est pas prévenu.
En général, les entretiens s'enchainent. Si, au bout de 72 heures, vous n'avez pas de réponse, c'est mauvais signe. A moins que vous attendez un entretien avec un top executive, qui est toujours par monts et par vaux.
C'est d'autant plus une douche froide lorsque vous pensiez tenir la corde. Quant à la politesse... J'ai même eu un recruteur qui a discrètement annulé une réunion Teams...

La variante, c'est l'entreprise qui fait la morte pendant 2, 3 semaines. En fait, ils ont cherché quelqu'un d'autre. Faute de mieux, on revient vers vous. Vous avez bien conscience de n'être qu'une roue de secours...

mardi 28 avril 2026

Moi, moi, moi !


Les offres d'emploi sont rarement terribles. Parfois, Cadremploi va jusqu'à vous dire : "Il n'y a aucune offre correspondant à vos critères de recherche. Voudriez-vous élargir ?" Vous désespérez de retrouver du travail. Et bien sûr, zéro mails, zéro coups de fil. Vos seuls messages sur Linkedin, ce sont des formations bidons sur l'IA.

Puis vous voyez l'Annonce. Le profil recherché est très, très précis. Surtout, cela correspond à des compétences que VOUS possédez. A croire que cette annonce a été rédigée pour vous !
Là, c'est l'euphorie. L'annonce promet un CDI, bien payé et à deux pas de chez vous. Un emploi stable, enfin ! De l'argent, enfin !
La lettre de motivation n'est qu'une formalité. Vous précisez que vous rentrez bien dans la case, en démontrant que vous possédez ces compétences. Encore une fois, on parle d'un besoin très précis. Dans toute la France, vous devez être cinq à pouvoir postuler.
Vous cliquez sur "envoyer le mail" avec un sourire triomphant. Vous préparez déjà votre speech pour le recruteur. Vous vous imaginez déjà, travaillant pour l'entreprise X. A coup sûr, c'est le début d'une grande aventure...

Sauf qu'on ne vous rappelle pas. Et une semaine plus tard, l'entreprise vous envoie une lettre-type : "Nous avons bien reçu votre candidature, mais malgré quelques points intéressant, nous ne pouvons donner suite."
Que s'est-il passé ? Qui a écarté à tort votre CV ? Une IA complètement pêtée ou une stagiaire RH ? Vous ne le saurez jamais. Là, vous hésitez entre la colère et le désespoir. Car la sortie du tunnel, elle n'est pas pour demain...

vendredi 7 mars 2025

Quasi-bénévolat


Il y a dix ans, je parlais déjà de salaire. Et ça ne s'est pas amélioré depuis...

Au moment du passage à l'euro, un cadre débutant pouvait espérer gagner 24K€ brut. Il y avait une barre symbolique des 2 000€ mensuels. Cela correspondait à 1,77 SMIC.
Depuis, les prix des loyers ont doublé, le prix des voitures a doublé, le prix des Menu McDo a doublé... Mais d'après Talent Executives, le salaire d'un cadre débutant, en 2025, est de 25 620€ brut. Soit 1,21 SMIC. Si ça, ce n'est pas de la stagnation des salaires...

Certes, en 2025, presque tous les jeunes possèdent un Master. Surtout, un junior en 2025 est moins autonome et moins mature qu'un junior de 2001. D'ailleurs, on leur confie des tâches avec moins de valeur ajoutée qu'auparavant.

Mais quid des cadres senior ? Là, il y a un mur des 5 000€ par mois. Y compris pour des postes de management intermédiaire, au sein de grandes structures.
La comparaison avec les Etats-Unis est édifiante. Pour un poste avec un savoir-faire très technique, qui requiert de l'expérience ou avec du management (y compris fonctionnel), il faut mettre 100K$ sur la table. A fortiori dans la finance ou l'informatique. Alors qu'en France, les salaires à six chiffres sont l'apanage des managers exécutifs. Et dans une très grande entreprise.

Allons, ne faites pas cette tête ! Votre employeur vous propose des avantages ! Maintenant que je suis grisonnant, les recruteurs n'osent plus me faire le speech de "l'ambiance start-up". Mais il y a peu encore, on me vantait la table de ping-pong dans la salle de pause ou la corbeille de fruits bio du jeudi...
Non seulement les salaires stagnent, mais parfois, les employeurs se moquent du monde. Prenez ce cabinet de conseil. Il m'a proposé une mission "senior". La fourchette haute était déjà à 2K€ de mes prétentions. Après le premier entretien, on m'a expliqué que la fourchette était pour un CDI-C. Si je choisissais le CDI, il y avait un écart de 3K€. Puis, lorsqu'on m'a envoyé un pré-contrat, là, c'était un shave supplémentaire de 7K€ ! Soit un total de 1K€ mensuel par rapport à mes prétentions.
Le cabinet de conseil savait que j'avais des difficultés à remettre le pied à l'étrier et il en a profité (ou bien, le client a fait pression et à marge constante, c'est moi qui ai pris.) Clairement, j'ai eu le sentiment que c'était un cabinet qui allait régulièrement me prendre en traitre. Et qu'à la première occasion, je me vengerai...

mardi 21 janvier 2025

Très mauvais pressentiment


Ce matin, j'ai vu une offre d'emploi. Le travail proposé était intéressant, je rentrais dans les compétences requises... Puis je suis tombé sur le dernier paragraphe. Là, toutes mes alarmes se sont déclenchées. Ces quelques lignes sont tellement édifiantes...

Pourquoi préciser que tout le monde est le bienvenue ? Nous sommes en 2025, aucun employeur sérieux n'élimine des candidatures, simplement parce que la tête du candidat ne lui revient pas !

Mais le choix des mots est très parlant. Cela dépasse l'étalage de vertu. "Inclusifs", "personnes en situation de handicap", "LGBT+", puis ces deux lignes sont l'utilisation du point médiant (NDLA : les fameux .e.s.) Autrement dit, cette société courtise ouvertement les "profils atypiques". Elle veut que son trombinoscope ressemble à une pub Benetton ! Les compétences sont secondaires.

Si vous êtes un homme blanc (même gay), vous avez peu de chance d'être retenu. Et si vous passez, vous aurez très probablement une Elsa Bernard comme chef. Au quotidien, vous raserez les murs. Dès que vous ouvrirez la bouche, on vous dira d'arrêter d'exercer votre "privilège blanc". Et bien sûr, ça sera vous qui ferez l'essentiel du travail. Vu que les punks à chien qui vous servent de collègue ne possèdent aucune compétence.

dimanche 23 avril 2023

Window living

L'autre jour, j'avais quelques heures à tuer dans une ville de province. Ça m'a rappelé l'époque pas si lointaine où je postulais à des postes à la campagne...

J'ai déjà évoqué l'entretien dans une PME de province. Mais le fun ne s'arrête pas là !

Lorsque vous êtes jeune précaire, vous êtes rarement véhiculé. Sinon, vous possédez une vieille guimbarde bien incapable d'enquiller plusieurs centaines de kilomètres.
Donc, vous venez à l'entretien en train. Seulement voilà, dans de nombreuses villes, il n'y a qu'un train (à l'aller de Paris), le matin et un autre (pour le retour), le soir.

L'entretien, il est plié au bout d'une heure. Ensuite, vous avez n heures à tuer jusqu'au retour. En prime, parce que vous êtes au chômage et que le billet de train vous a coûté deux semaines d'allocations, vous n'avez plus un cent.
Vous voilà errant dans une ville industrielle, sans charme, où vous ne remettrez plus jamais les pieds. Les minutes sont des heures. Ce n'est pas juste du "window shopping". Non, vous faites du "window museuming", du "window mcdoing"... Vous êtes plus seul que jamais, dans cette ville qui vous a rejeté. Et puis, avec votre costume-cravate, ça se voit, qu vous êtes un étranger. Ça se voit, que vous êtes un raté. En théorie, cela fait toujours du bien de voyager. Mais là, c'est une souffrance interminable...

Puis, enfin, le train arrive et vous quittez cette ville pour de bon. L'anxiété ne redescend que sur le quai de la gare parisienne.

mercredi 21 décembre 2022

Le blues des Marcheurs

En juin dernier, 114 députés de LaREM/Renaissance quittaient définitivement l'Assemblé Nationale. 6 mois plus tard, 60 d'entre-eux n'ont toujours pas retrouvé de travail. L'enquête de BFM TV est consternante. Bienvenue dans la vie réelle !

Ils se plaignent ainsi :
- D'un réseau professionnel inefficace
- De réponses à des offres où il y a déjà des dizaines de candidats
- Les DRH les recalent, parce qu'ils ont un profil atypique
- De journées sans rien à faire, à attendre que le téléphone ne sonne . Avec un sentiment d'inutilité
- Les 4271€ (!) d'indemnité ne seront pas versés ad vitam æternam. D'où le risque de devoir ensuite accepter des petits boulots, sans rapport avec leurs qualifications.

Conclusion :
1) Les Marcheurs subissent les problèmes que les cadres au chômage connaissent bien. Pas plus, pas moins
2) Ces députés sont tellement déconnectés de réalités, hier comme aujourd'hui, qu'ils n'ont pas conscience de la banalité de leur statut
3) Ces gens donnaient volontiers des leçons aux chômeurs, les traitant de fainéants, de profiteurs, d'idiots... On se rappelle le fameux "vous n'avez qu'à traverser la rue". Mais une fois dans la mouise, ils ne sont pas plus malins que les autres. Et en plus, il faudrait les plaindre...

lundi 15 février 2021

Vide...

Qu'est-ce qu'il y a de pire que la prestation en période de confinement ? Le chômage, pardi !

Cette crise sanitaire porte trois caractéristiques mortifères pour les chômeurs :
- Personne ne sait combien de temps cela durera. L'an dernier, on pensait avoir affaire à un virus saisonnier, qui n'aimerait pas l'été. Puis il y a eu la deuxième vague et ensuite, les variants... Le bout du tunnel s'éloigne. D'autant plus que la vaccination patine. Plus personne ne croit au mythe d'un retour à la normal à la fin de l'été 2021. Et en attendant, il faut serrer les fesses.
- La plupart des secteurs économiques sont touchés. Parfois, ce sont même des filières économiques qui sont touchées. Office Dépôt France est en redressement judiciaire parce qu'avec le télétravail, les gens n'ont plus besoin de stylos ou de Post-it. Et ce marasme entraine des suppressions d'emploi, voire des faillites. L'état porte nombre de PME à bout de bras, à coup de chômage partiel. Néanmoins, personne n'est dupe : beaucoup d'entreprises ne se relèveront jamais et l'hémorragie d'emploi se prolongera après la crise.
- Partant de ces deux postulats, les entreprises ont levé le pied sur les investissements et les recrutements. D'une part, il n'y a plus de nouveaux projets (nouveaux produits, réorganisation, certification, déménagement, ouverture de pays...) Des activités qui génèrent du recrutement externe. D'autre part, même face au roulement naturel (départs en retraite, congés maternité, démissions...) Les entreprises optent pour le gel du recrutement.

Tout ceci fait qu'il y a zéro offres d'emploi. Les newsletter des sites renvoient des "dernières offres" qui ont parfois plus plusieurs semaines. Vous pouvez passer des semaines sans le moindre coup de téléphone. Il n'y a même pas de cabinets d'entretien qui se créent un fichier. Donc aucune perspective ; aucune possibilité de retrouver un emploi. En terme d'activité, ce serait comme un mois d'août qui se prolonge ad vitam eternam. Sauf que vous n'avez même pas le côté festif : la vie sociale étant proscrite... Surtout, il n'y a pas de "septembre" : vous ne savez pas combien de temps cette situation va durer. C'est extrêmement frustrant.
Il est évident que personne ne peut encaisser indéfiniment une telle situation. Santé Publique France estime que 19% des plus de 18 ans sont dépressifs. 50% des jeunes se disent inquiets pour leur santé mentale. Dans les cliniques, il y a des listes d'attentes. Aux Etats-Unis, 28% des actifs souffriraient de troubles mentaux. Il n'existe aucun chiffre sur les suicides, ni aucune statistique plus précise sur les chômeurs.
L'OMS s'inquiète sur les conséquences à long terme. Car la crise sanitaire ne sera pas un interrupteur. Le jour où l'on enlèvera le masque, les entreprises ne vont pas se mettre à recruter et les gens ne retrouveront pas le sourire dans la minute...

mercredi 18 novembre 2020

Entretien par hologramme

Lorsque j'ai commencé ce blog, les entretiens à Pole Emploi, suite à une inscription, étaient individuels. Ce qui donnait lieu à des anecdotes savoureuses. L'entretien collectif, c'était un peu la révision des 6 mois...

Heureuse époque ! Désormais, on a l'entretien collectif par hologramme. Ou presque. Peu après votre inscription, on vous convoque donc à une réunion avec une quinzaine de personnes récemment inscrite. Généralement, c'est à 9h, parce qu'un chômeur ne doit pas faire de grasse matinée ! Dans le lot, il y a la femme qui note tout, l'homme qui n'ouvre même pas son blouson, ceux qui pianotent discrètement sur leur smartphone, celui qui pianote sur son smartphone sans se cacher, l'homme ivre-mort qui gobe les mouche, le petit groupe qui arrive avec 5 minutes de retard (et se fait escorter par une conseillère jusqu'à la salle) et celui qui arrivent avec 15 minutes de retard, sans complexe.

Pendant ce temps, le conseiller fait sa présentation, impassible. J'ai été convoquée à 3 réunions avec le même conseiller. Il a fait le même speech, avec les mêmes blaguounettes, les mêmes apartés, etc. Pôle Emploi nous explique qu'en gros, en tant que cadres, on sait se débrouiller tout seul. Donc on nous embêtera plus. Pour les questions, il faut voir avec l'assistance téléphonique ou par internet.
Parfois, j'ai l'impression que cela fait longtemps qu'il ne croit plus à ce qu'il dit. D'autre fois, j'ai l'impression qu'il est dans sa bulle, qu'il a l'impression d'avoir remotivé 15 personnes. A la fin, invariablement, un doigt se lève : quelqu'un à 3 mois de la retraite et qui compte rester chez lui d'ici là. Il a donc un cas de conscience à cocher "je suis toujours à la recherche d'un emploi". Ne vous inquiétez pas, Pôle Emploi fermera les yeux. Une autre question ? Là, invariablement, il répondra : "Voyez avec le centre d'appel..."

Fin de la classe. Les gens rentrent chez eux silencieusement. Et une fois sur deux, Pôle Emploi va vous menacer, parce que votre présence à la réunion n'a pas été prise en compte et que vous êtes un sale délinquant...

jeudi 29 janvier 2015

Changement d'emploi (2e partie)


Un entretien, lorsqu'on est en poste, c'est une situation particulière. Au moins, vous n'êtes pas totalement dos au mur : au pire, vous avez votre bon vieux boulot. Vous pouvez donc l'aborder de manière détendu. Cela vous donne aussi le droit d'être exigeant. Demandez un meilleur salaire. Les petits cons qui vous imposent un entretien en pleine après-midi (vous forçant à poser un congé) ou qui veulent vérifier vos dires auprès de votre patron, envoyez-les promener ! Idem pour les psychologues de bazar qui vous déclarent que vous n'êtes pas fait pour votre job !

L'entretien pourrait se résumer à une question : "Pourquoi voulez-vous quitter votre poste ?" C'est une question-piège. Les recruteurs adorent les gens en poste. Ils sont plus "frais" que les chômeurs. Mais dans le même temps, ils leur reprochent d'être "infidèles". Vous êtes censé être dévoué ! D'où l'importance d'attendre au moins 3 ans pour changer d'emploi. En dessous, on passe pour un "zappeur". Evoquer son poste actuel, c'est un travail d'équilibriste ! Il faut justifier son envie de départ, sans pour autant en dire trop de mal. Les recruteurs n'aiment pas les gens qui se plaignent de leur travail. Et puis, si vous expliquer que votre journée-type se limite à siroter du café et à surfer sur Facebook, pas sûr que votre recruteur gardera une bonne image de vous. Et pourtant, vous en avez, des critiques à faire sur votre poste actuel ! Vous voudriez vider votre sac et certains recruteurs essayent de jouer les copains : "Alors, c'est pas facile, après toutes ces années, hein ?" Pas facile aussi de souligner vos réalisations : vous en avez marre et vous voyez surtout le "verre à moitié vide". D'où l'importance de bien préparer son speech. "J'aime mon boulot, mais après toutes ces années, je souhaite voir d'autres horizons."
Le souci, c'est souvent le préavis. Un recruteur veut des gens disponibles TOUT DE SUITE. Certains vous demanderont de démissionner de votre job, avant de pousser votre candidature, afin de réduire au maximum le préavis. Fuyez en courant : ça sent la mission bidon de consulting.

mercredi 28 janvier 2015

Changement d'emploi (1ère partie)

L'idéal, c'est de ne jamais être au chômage. De quitter un emploi pour un meilleur emploi. Presque tout le monde en rêve. Certains plus sérieusement que d'autres. Après tout, combien de personnes actuellement en poste sont en fait en "recherche active" ?

Pole Emploi vous conseille d'attendre le licenciement; la démission est considérée comme un luxe. Mais c'est un moyen, pour le salarié, de se reprendre en main, de redevenir maitre de son destin. Vous effectuer un énième CDD au sein de la même entreprise avec pour seul horizon, un autre CDD ? Cela fait plusieurs années qu'on vous refuse une augmentation significative ? Vous n'avez aucune possibilité d'évolution de carrière à moyen terme ? Votre chef est un psychopathe ? Votre entreprise s'apprête à fermer votre site ou à le délocaliser ? Alors cherchez du boulot ailleurs !
Si vous êtes en CDI, il vaut mieux attendre d'avoir entre 3 et 5 ans d'expérience (sans quoi, le recruteur sera suspicieux.) L'astuce, c'est de rester discret tant que vous n'avez rien de concret. Dans une entreprise, ce sont rarement ceux qui crient sur tous les toits qu'ils vont partir, qui partent. Ensuite, une fois que vous avez un CDI sous le nez, vous pouvez tenter une négociation avec votre employeur. Parfois, il acceptera de mettre la main au portefeuille pour vous conserver (surtout dans les PME.) Mais la technique du "retenez-moi ou je mets mon CV sur Monster" est vouée à l'échec. Ne croyez pas non plus que parce que vous avez eu un appel de chasseur de tête, vous allez vite trouver ailleurs. Certains cabinets convoquent quasiment chaque personne qui met son CV en ligne ! Bref, tant que vous n'avez pas un contrat sous le nez, rien n'est joué. Parler trop tôt, c'est aussi risquer d'être mis au placard, voir carrément d'être licencié (les chefs n'apprécient pas les lâcheurs.)

lundi 27 octobre 2014

Blues de l'automne

Le temps s'écoule lentement pour le chômeur. Rien ne ressemble plus à un jour de semaine qu'à un autre jour de semaine. L'agenda est rythmé par les rendez-vous à Pole Emploi, les petites annonces et pour les plus chanceux, les entretiens.
Un jour, le chômeur lève le nez. Ca y est, on est en octobre. La rentrée est terminée (et l'euphorie qui va avec.) L'été est terminé. C'est déjà l'heure d'hiver. Les projets d'avenir restent dans les cartons. Et toujours pas de travail. 2 mois de chômage en plus. 2 mois de moins d'indemnisation.

C'est démoralisant pour les menteurs. Il faut toujours raconter qu'on est en recherche d'emploi "depuis peu". D'ailleurs, c'est votre "premier vrai entretien" depuis la perte d'emploi. Un chômeur de longue durée, c'est suspect. Les recruteurs se disent (parfois à juste titre) qu'il n'a plus l'habitude de se lever le matin et d'enchainer 8h de travail quotidien. Plus prosaïquement, ils se disent que s'il a échoué lors des précédents entretiens, c'est qu'il doit avoir une tare que lui n'a pas détecté. Donc méfiance. Donc le chômeur doit raconter qu'il cherche du travail depuis n-2 mois maxi. Et la date glisse au fil des mois. Lorsque vous sortez d'un CDD, vous en arrivez à quasiment en doubler la durée !

mardi 21 octobre 2014

Question idiote, réponse idiote...

Les recruteurs adorent poser des questions bateau. Non pas celles ayant trait à votre CV, mais les banalités. Parfois, l'entretien est plié au bout de 40 minutes, mais le recruteur tient à aller au bout d'une heure, quitte à meubler. D'autres fois, ils cherchent à se rassurer. Pour leur défense, il n'y a pas vraiment de formation en recrutement. Si vous n'êtes pas RH ou chasseur de têtes, vous ne savez pas forcément comment vous y prendre. Vous avez peur de miser sur le mauvais cheval.

Règle N°1 : oui, il y a des bonnes réponses.
Règle N°2 : répondez vite. Toute hésitation, toute réflexion sera prise pour un (mauvais) mensonge.
Règle N°3 : on ne vous demande pas d'être franc ou honnête ; vous devez avant tout dire ce que le recruteur veut entendre. Bienvenue dans le monde du travail !
Règle N°4 : ce sont des questions qu'on va vous poser 1000 fois... Mais il faut faire comme si c'était la première fois. Toute marque d'ennui (du style : encoooore ?) ou les blagounettes sont à proscrire.

Quelques questions-types :
  • Quelles sont vos 3 qualités ? Evitez de dire "le dynamisme" (vu 1000 fois) ou "le charisme" (on s'en serait rendu compte.) A défaut, dites "le sérieux" ou "le calme" (dans le sens "pas de décision à l'emporte-pièce".)
  • Quels sont vos 3 défauts ? Là, il n'y a aucune bonne réponse ! Tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous ! Charge à vous de trouver la moins pire des solutions.
  • Quelle est votre meilleure expérience/votre pire expérience ? Soyez enthousiaste sur la "bonne" expérience. Sur la mauvaise, atténuez au maximum les choses. Et ne dites surtout pas de mal de votre ancien chef ! 
  • Quels sont vos hobbys ? Bien sûr, il faut éviter de rappeler qu'ils sont inscrits, noir sur blanc, à la fin de votre CV. Evitez aussi d'évoquer des sports extrêmes (on pensera que vous êtes une tête brûlée) ou des hobbys solitaires (qui donnent une image d'asocial.) 
  • Pourquoi est-ce que je VOUS prendrais ? Là, il faut tout donner ! Soyez combatif ! Variante : qu'est-ce qui vous plait, dans ce job ?
  • Vous avez une question ? C'est LE meublage. Au cours de l'entretien, notez bien un point que vous voudriez éclaircir. Au pire, posez une question sur l'entreprise. Tout cela soulignera votre intérêt. Bien sûr, il faut éviter de piéger le recruteur (cf. "vous m'avez dit que l'ambiance est bonne. Mais vous m'avez aussi dit que mon prédécesseur a fait un burn-out. Ce n'est pas contradictoire ?)
  • Vous vous voyez où, dans 5 ans ?  Une autre question-piège. Si vous postulez dans une PME où vous n'avez aucune possibilité d'évolution, c'est une voie sans issue ! Sinon, dites que vous voulez plus de responsabilités, plus d'autonomie, etc. Mesdames, évitez d'évoquer vos projets de bébés (c'est éliminatoire...)

En conclusion, la meilleure parade, c'est de préparer les questions cons. Et plus généralement de se préparer à toute question indiscrète/piégeuse/embarrassante.

lundi 13 octobre 2014

Soyez différent... Mais pas trop


Lorsqu'un journal évoque le recrutement, c'est souvent sous un jour idyllique. Ainsi, cet article parle des anti-conformistes.

Anti-conformiste, ça n'est pas uniquement les gens qui ont un piercing ou qui refusent les costume-cravates. On parle de personnes vraiment différentes, avec un parcours original. Bien sûr, une entreprise a en permanence besoin de sang neuf. Il faut des gens qui sortent des sentiers battus pour apporter de nouvelles idées, de nouvelles solutions... Mais en pratique, personne ne veut les embaucher.
Tout d'abord, lorsque quelqu'un embauche un employé, il a tendance à vouloir un clone de lui-même. Il veut de la sécurité. Après tout, il se connait bien. Donc, il se dit que quelqu'un qui a plus ou moins le même parcours agira plus ou moins comme lui. La conséquence bien connue, c'est les bataillons de telle promotion de telle Grande Ecole, qui se retrouvent à travailler ensemble, qui dans les ministères, qui dans les conseils d'administration. Avec des risques de consanguinité et de manque de recul.
Surtout, ils ont souvent peur de ne pas pouvoir maitriser leur employé. Un déviant sera imprévisible, d'après la grille de lecture de son chef. Le chef fera un complexe vis-à-vis de quelqu'un de créatif ou d'intelligent. Un petit génie risque carrément d'être "dangereux" pour la carrière de son supérieur. Dans la Silicon Valley, on les adore. L'idée est d'en extraire le maximum d'idées (puis de les jeter une fois passé la date de péremption.) En France, on se méfie. Les artistes sont vus comme fainéant et les intellos, comme ne passant jamais à l'action. Dans le monde industriel, les gens ont tendance à brider leur créativité et à chercher plutôt des "bonnes réponses".

Enfin, les cabinets de recrutement ne veulent prendre aucun risque. Présenter un original à son client, c'est risquer de déplaire à son client. Donc de perdre un marché.

Concrètement, si vous avez un "parcours atypique", les portes se ferment. Mieux vaut maquiller son CV. Quant à la passion ou au loisir un peu "pointu", mettez le en page 2, l'endroit que personne ne regarde...

jeudi 11 septembre 2014

Rentrée

Pour un chômeur, les mois se suivent et se ressemblent quasiment. Mais après un mois d'aout pauvre en opportunités, septembre redonne de l'espoir. Ca y est, les sites d'emplois se remettent à jour ! Parfois, une agence d'intérim ou un cabinet de recrutement vous appelle. Juste pour nettoyer sa base de donnés. Les plus optimistes ont des projets : s'inscrire à une formation, se mettre à son compte, chercher un petit boulot. Après tout, ils sortent d'un mois à gamberger. Le chômeur qui vit en couple ou chez ses parents, est "encouragé" à bouger. Autrement dit, ses conjoints/parents en ont marre de le voir tourner en rond, matin et soir.

Cet état de grâce de la rentrée dure entre 15 jours et un mois. Car après, l'euphorie retombe. Les employés ont repris un rythme normal et le chômeur, lui, est conscient d'être resté à quai.

jeudi 24 juillet 2014

Entretien en plein été

La première quinzaine de juillet est un moment fatidique pour trouver du boulot. Après cette date, beaucoup de gens partent en vacances. Donc plus de recrutements. Si vous n'avez pas trouvé un boulot avant le 14 juillet, vous avez 99% de chance de rester au chômage qu'au 1er septembre.

Cet entretien est donc votre dernière chance. Problème : ce jour-là, le mercure est au sommet. Vous pouvez quasiment essorer votre chemise. Bannissez les transports en commun (sauf si vous voulez arriver avec une odeur de vestiaire de salle de gym.) Vous avez beau engloutir des litres d'eau, votre bouche est pâteuse. Vos mains sont moite; remplir le dossier d'inscription est un calvaire.) Et bien sûr, le côté "dernier entretien avant septembre" rajoute au stress, donc à la transpiration.
Ensuite, vous entrez dans le bureau. Soit il fait un froid polaire (donc vous attrapez un rhume, donc vous allez renifler), soit (cas le plus fréquent), le recruteur n'aime pas la clim (à vous 1 heure dans un four !) Quoi qu'il en soit, vous êtes déstabilisé (euphémisme.) Vous bafouillez, vous multipliez les "euh", il vous faut 5 minutes pour réfléchir au moindre point de carrière... Parfois, le recruteur essaye de vous mettre à l'aise, de détendre l'atmosphère, mais vous sentez que vous sombrer.
Si votre CV est en béton armé ou s'ils ont besoin urgemment de quelqu'un, on s'en fout. Sinon, c'est un fiasco complet. Le "je vais réfléchir" du recruteur ne trompe personne. Vous avez merdé intégralement. Si le chasseur de tête est présent, il va vous sonner les cloches. S'il avait su, il n'aurait jamais poussé votre CV. Il risque de se faire lui-même engueuler, voir de perdre le marché. Il va vous mettre sur sa liste noire personnelle. Pas besoin de le recontacter sur "d'autres opportunités".

En tout cas c'est fichu pour cet été. Vous devrez attendre septembre pour rechercher du boulot.

lundi 16 juin 2014

Les annonces de l'APEC

Récemment, sur France Info, une conseillère de Pole Emploi vantait le partenariat de l'agence avec divers sites web. Spécialiste de la langue de bois, elle faisait semblant de ne pas entendre les questions sur le travail au noir ou les fausses annonces. A contrario, elle mettait en avant la "qualité" de ses offres et un fin travail pour "éviter les doublons".

Beaucoup de conseillers n'ont qu'une vague notion du secteur privé et avec une certaine naïveté, ils sont persuadés d'aider les chômeurs. En "off", ils sont plus bavards : jobs sous-payés, intitulés erronés, descriptifs flous, manque de mise à jour du fichier (d'où des offres déjà pourvues.) De toutes façons, si vous êtes employeur et que vous déposez une offre, on ne va pas vous ré-aiguiller vers des candidats. Pole Emploi va juste publier l'annonce. En espérant qu'un candidat la remarque parmi une tonne d'offres bidons. Les conseillers plus lucides savent bien que ce service est au mieux inutile.
L'APEC n'est pas mieux pourvue, loin s'en faut. On y retrouve les jobs sous-payés et les contrats ultra-précaires. Une mission d'intérim à 24K€ proposée à des bac+5 senior, c'est fréquent. Des cabinets de consultants profitent du réservoir de chômeurs pour recruter à la chaine, pour des missions spécifiques. Et bien sûr, beaucoup d'annonces sont là uniquement pour que les cabinets se constituent des "CVthèques". Sans oublier les arnaques (vente pyramidale, travail à domicile, formations non-reconnues par l'état, etc.) Parfois, une adresse web renvoie vers un autre site d'emploi plus ou moins louche.
Les spécialistes de l'abus sont facile à identifier, donc à éliminer. Donc soit ils ne sont pas assez compétent pour trier. Soit ils publient sciemment des annonces bidons afin de grossir leurs chiffres.