Affichage des articles dont le libellé est recherche d'emploi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est recherche d'emploi. Afficher tous les articles

vendredi 7 mars 2025

Quasi-bénévolat


Il y a dix ans, je parlais déjà de salaire. Et ça ne s'est pas amélioré depuis...

Au moment du passage à l'euro, un cadre débutant pouvait espérer gagner 24K€ brut. Il y avait une barre symbolique des 2 000€ mensuels. Cela correspondait à 1,77 SMIC.
Depuis, les prix des loyers ont doublé, le prix des voitures a doublé, le prix des Menu McDo a doublé... Mais d'après Talent Executives, le salaire d'un cadre débutant, en 2025, est de 25 620€ brut. Soit 1,21 SMIC. Si ça, ce n'est pas de la stagnation des salaires...

Certes, en 2025, presque tous les jeunes possèdent un Master. Surtout, un junior en 2025 est moins autonome et moins mature qu'un junior de 2001. D'ailleurs, on leur confie des tâches avec moins de valeur ajoutée qu'auparavant.

Mais quid des cadres senior ? Là, il y a un mur des 5 000€ par mois. Y compris pour des postes de management intermédiaire, au sein de grandes structures.
La comparaison avec les Etats-Unis est édifiante. Pour un poste avec un savoir-faire très technique, qui requiert de l'expérience ou avec du management (y compris fonctionnel), il faut mettre 100K$ sur la table. A fortiori dans la finance ou l'informatique. Alors qu'en France, les salaires à six chiffres sont l'apanage des managers exécutifs. Et dans une très grande entreprise.

Allons, ne faites pas cette tête ! Votre employeur vous propose des avantages ! Maintenant que je suis grisonnant, les recruteurs n'osent plus me faire le speech de "l'ambiance start-up". Mais il y a peu encore, on me vantait la table de ping-pong dans la salle de pause ou la corbeille de fruits bio du jeudi...
Non seulement les salaires stagnent, mais parfois, les employeurs se moquent du monde. Prenez ce cabinet de conseil. Il m'a proposé une mission "senior". La fourchette haute était déjà à 2K€ de mes prétentions. Après le premier entretien, on m'a expliqué que la fourchette était pour un CDI-C. Si je choisissais le CDI, il y avait un écart de 3K€. Puis, lorsqu'on m'a envoyé un pré-contrat, là, c'était un shave supplémentaire de 7K€ ! Soit un total de 1K€ mensuel par rapport à mes prétentions.
Le cabinet de conseil savait que j'avais des difficultés à remettre le pied à l'étrier et il en a profité (ou bien, le client a fait pression et à marge constante, c'est moi qui ai pris.) Clairement, j'ai eu le sentiment que c'était un cabinet qui allait régulièrement me prendre en traitre. Et qu'à la première occasion, je me vengerai...

mardi 21 janvier 2025

Très mauvais pressentiment


Ce matin, j'ai vu une offre d'emploi. Le travail proposé était intéressant, je rentrais dans les compétences requises... Puis je suis tombé sur le dernier paragraphe. Là, toutes mes alarmes se sont déclenchées. Ces quelques lignes sont tellement édifiantes...

Pourquoi préciser que tout le monde est le bienvenue ? Nous sommes en 2025, aucun employeur sérieux n'élimine des candidatures, simplement parce que la tête du candidat ne lui revient pas !

Mais le choix des mots est très parlant. Cela dépasse l'étalage de vertu. "Inclusifs", "personnes en situation de handicap", "LGBT+", puis ces deux lignes sont l'utilisation du point médiant (NDLA : les fameux .e.s.) Autrement dit, cette société courtise ouvertement les "profils atypiques". Elle veut que son trombinoscope ressemble à une pub Benetton ! Les compétences sont secondaires.

Si vous êtes un homme blanc (même gay), vous avez peu de chance d'être retenu. Et si vous passez, vous aurez très probablement une Elsa Bernard comme chef. Au quotidien, vous raserez les murs. Dès que vous ouvrirez la bouche, on vous dira d'arrêter d'exercer votre "privilège blanc". Et bien sûr, ça sera vous qui ferez l'essentiel du travail. Vu que les punks à chien qui vous servent de collègue ne possèdent aucune compétence.

dimanche 23 avril 2023

Window living

L'autre jour, j'avais quelques heures à tuer dans une ville de province. Ça m'a rappelé l'époque pas si lointaine où je postulais à des postes à la campagne...

J'ai déjà évoqué l'entretien dans une PME de province. Mais le fun ne s'arrête pas là !

Lorsque vous êtes jeune précaire, vous êtes rarement véhiculé. Sinon, vous possédez une vieille guimbarde bien incapable d'enquiller plusieurs centaines de kilomètres.
Donc, vous venez à l'entretien en train. Seulement voilà, dans de nombreuses villes, il n'y a qu'un train (à l'aller de Paris), le matin et un autre (pour le retour), le soir.

L'entretien, il est plié au bout d'une heure. Ensuite, vous avez n heures à tuer jusqu'au retour. En prime, parce que vous êtes au chômage et que le billet de train vous a coûté deux semaines d'allocations, vous n'avez plus un cent.
Vous voilà errant dans une ville industrielle, sans charme, où vous ne remettrez plus jamais les pieds. Les minutes sont des heures. Ce n'est pas juste du "window shopping". Non, vous faites du "window museuming", du "window mcdoing"... Vous êtes plus seul que jamais, dans cette ville qui vous a rejeté. Et puis, avec votre costume-cravate, ça se voit, qu vous êtes un étranger. Ça se voit, que vous êtes un raté. En théorie, cela fait toujours du bien de voyager. Mais là, c'est une souffrance interminable...

Puis, enfin, le train arrive et vous quittez cette ville pour de bon. L'anxiété ne redescend que sur le quai de la gare parisienne.

mercredi 21 décembre 2022

Le blues des Marcheurs

En juin dernier, 114 députés de LaREM/Renaissance quittaient définitivement l'Assemblé Nationale. 6 mois plus tard, 60 d'entre-eux n'ont toujours pas retrouvé de travail. L'enquête de BFM TV est consternante. Bienvenue dans la vie réelle !

Ils se plaignent ainsi :
- D'un réseau professionnel inefficace
- De réponses à des offres où il y a déjà des dizaines de candidats
- Les DRH les recalent, parce qu'ils ont un profil atypique
- De journées sans rien à faire, à attendre que le téléphone ne sonne . Avec un sentiment d'inutilité
- Les 4271€ (!) d'indemnité ne seront pas versés ad vitam æternam. D'où le risque de devoir ensuite accepter des petits boulots, sans rapport avec leurs qualifications.

Conclusion :
1) Les Marcheurs subissent les problèmes que les cadres au chômage connaissent bien. Pas plus, pas moins
2) Ces députés sont tellement déconnectés de réalités, hier comme aujourd'hui, qu'ils n'ont pas conscience de la banalité de leur statut
3) Ces gens donnaient volontiers des leçons aux chômeurs, les traitant de fainéants, de profiteurs, d'idiots... On se rappelle le fameux "vous n'avez qu'à traverser la rue". Mais une fois dans la mouise, ils ne sont pas plus malins que les autres. Et en plus, il faudrait les plaindre...

lundi 15 février 2021

Vide...

Qu'est-ce qu'il y a de pire que la prestation en période de confinement ? Le chômage, pardi !

Cette crise sanitaire porte trois caractéristiques mortifères pour les chômeurs :
- Personne ne sait combien de temps cela durera. L'an dernier, on pensait avoir affaire à un virus saisonnier, qui n'aimerait pas l'été. Puis il y a eu la deuxième vague et ensuite, les variants... Le bout du tunnel s'éloigne. D'autant plus que la vaccination patine. Plus personne ne croit au mythe d'un retour à la normal à la fin de l'été 2021. Et en attendant, il faut serrer les fesses.
- La plupart des secteurs économiques sont touchés. Parfois, ce sont même des filières économiques qui sont touchées. Office Dépôt France est en redressement judiciaire parce qu'avec le télétravail, les gens n'ont plus besoin de stylos ou de Post-it. Et ce marasme entraine des suppressions d'emploi, voire des faillites. L'état porte nombre de PME à bout de bras, à coup de chômage partiel. Néanmoins, personne n'est dupe : beaucoup d'entreprises ne se relèveront jamais et l'hémorragie d'emploi se prolongera après la crise.
- Partant de ces deux postulats, les entreprises ont levé le pied sur les investissements et les recrutements. D'une part, il n'y a plus de nouveaux projets (nouveaux produits, réorganisation, certification, déménagement, ouverture de pays...) Des activités qui génèrent du recrutement externe. D'autre part, même face au roulement naturel (départs en retraite, congés maternité, démissions...) Les entreprises optent pour le gel du recrutement.

Tout ceci fait qu'il y a zéro offres d'emploi. Les newsletter des sites renvoient des "dernières offres" qui ont parfois plus plusieurs semaines. Vous pouvez passer des semaines sans le moindre coup de téléphone. Il n'y a même pas de cabinets d'entretien qui se créent un fichier. Donc aucune perspective ; aucune possibilité de retrouver un emploi. En terme d'activité, ce serait comme un mois d'août qui se prolonge ad vitam eternam. Sauf que vous n'avez même pas le côté festif : la vie sociale étant proscrite... Surtout, il n'y a pas de "septembre" : vous ne savez pas combien de temps cette situation va durer. C'est extrêmement frustrant.
Il est évident que personne ne peut encaisser indéfiniment une telle situation. Santé Publique France estime que 19% des plus de 18 ans sont dépressifs. 50% des jeunes se disent inquiets pour leur santé mentale. Dans les cliniques, il y a des listes d'attentes. Aux Etats-Unis, 28% des actifs souffriraient de troubles mentaux. Il n'existe aucun chiffre sur les suicides, ni aucune statistique plus précise sur les chômeurs.
L'OMS s'inquiète sur les conséquences à long terme. Car la crise sanitaire ne sera pas un interrupteur. Le jour où l'on enlèvera le masque, les entreprises ne vont pas se mettre à recruter et les gens ne retrouveront pas le sourire dans la minute...

mercredi 18 novembre 2020

Entretien par hologramme

Lorsque j'ai commencé ce blog, les entretiens à Pole Emploi, suite à une inscription, étaient individuels. Ce qui donnait lieu à des anecdotes savoureuses. L'entretien collectif, c'était un peu la révision des 6 mois...

Heureuse époque ! Désormais, on a l'entretien collectif par hologramme. Ou presque. Peu après votre inscription, on vous convoque donc à une réunion avec une quinzaine de personnes récemment inscrite. Généralement, c'est à 9h, parce qu'un chômeur ne doit pas faire de grasse matinée ! Dans le lot, il y a la femme qui note tout, l'homme qui n'ouvre même pas son blouson, ceux qui pianotent discrètement sur leur smartphone, celui qui pianote sur son smartphone sans se cacher, l'homme ivre-mort qui gobe les mouche, le petit groupe qui arrive avec 5 minutes de retard (et se fait escorter par une conseillère jusqu'à la salle) et celui qui arrivent avec 15 minutes de retard, sans complexe.

Pendant ce temps, le conseiller fait sa présentation, impassible. J'ai été convoquée à 3 réunions avec le même conseiller. Il a fait le même speech, avec les mêmes blaguounettes, les mêmes apartés, etc. Pôle Emploi nous explique qu'en gros, en tant que cadres, on sait se débrouiller tout seul. Donc on nous embêtera plus. Pour les questions, il faut voir avec l'assistance téléphonique ou par internet.
Parfois, j'ai l'impression que cela fait longtemps qu'il ne croit plus à ce qu'il dit. D'autre fois, j'ai l'impression qu'il est dans sa bulle, qu'il a l'impression d'avoir remotivé 15 personnes. A la fin, invariablement, un doigt se lève : quelqu'un à 3 mois de la retraite et qui compte rester chez lui d'ici là. Il a donc un cas de conscience à cocher "je suis toujours à la recherche d'un emploi". Ne vous inquiétez pas, Pôle Emploi fermera les yeux. Une autre question ? Là, invariablement, il répondra : "Voyez avec le centre d'appel..."

Fin de la classe. Les gens rentrent chez eux silencieusement. Et une fois sur deux, Pôle Emploi va vous menacer, parce que votre présence à la réunion n'a pas été prise en compte et que vous êtes un sale délinquant...

jeudi 29 janvier 2015

Changement d'emploi (2e partie)


Un entretien, lorsqu'on est en poste, c'est une situation particulière. Au moins, vous n'êtes pas totalement dos au mur : au pire, vous avez votre bon vieux boulot. Vous pouvez donc l'aborder de manière détendu. Cela vous donne aussi le droit d'être exigeant. Demandez un meilleur salaire. Les petits cons qui vous imposent un entretien en pleine après-midi (vous forçant à poser un congé) ou qui veulent vérifier vos dires auprès de votre patron, envoyez-les promener ! Idem pour les psychologues de bazar qui vous déclarent que vous n'êtes pas fait pour votre job !

L'entretien pourrait se résumer à une question : "Pourquoi voulez-vous quitter votre poste ?" C'est une question-piège. Les recruteurs adorent les gens en poste. Ils sont plus "frais" que les chômeurs. Mais dans le même temps, ils leur reprochent d'être "infidèles". Vous êtes censé être dévoué ! D'où l'importance d'attendre au moins 3 ans pour changer d'emploi. En dessous, on passe pour un "zappeur". Evoquer son poste actuel, c'est un travail d'équilibriste ! Il faut justifier son envie de départ, sans pour autant en dire trop de mal. Les recruteurs n'aiment pas les gens qui se plaignent de leur travail. Et puis, si vous expliquer que votre journée-type se limite à siroter du café et à surfer sur Facebook, pas sûr que votre recruteur gardera une bonne image de vous. Et pourtant, vous en avez, des critiques à faire sur votre poste actuel ! Vous voudriez vider votre sac et certains recruteurs essayent de jouer les copains : "Alors, c'est pas facile, après toutes ces années, hein ?" Pas facile aussi de souligner vos réalisations : vous en avez marre et vous voyez surtout le "verre à moitié vide". D'où l'importance de bien préparer son speech. "J'aime mon boulot, mais après toutes ces années, je souhaite voir d'autres horizons."
Le souci, c'est souvent le préavis. Un recruteur veut des gens disponibles TOUT DE SUITE. Certains vous demanderont de démissionner de votre job, avant de pousser votre candidature, afin de réduire au maximum le préavis. Fuyez en courant : ça sent la mission bidon de consulting.

mercredi 28 janvier 2015

Changement d'emploi (1ère partie)

L'idéal, c'est de ne jamais être au chômage. De quitter un emploi pour un meilleur emploi. Presque tout le monde en rêve. Certains plus sérieusement que d'autres. Après tout, combien de personnes actuellement en poste sont en fait en "recherche active" ?

Pole Emploi vous conseille d'attendre le licenciement; la démission est considérée comme un luxe. Mais c'est un moyen, pour le salarié, de se reprendre en main, de redevenir maitre de son destin. Vous effectuer un énième CDD au sein de la même entreprise avec pour seul horizon, un autre CDD ? Cela fait plusieurs années qu'on vous refuse une augmentation significative ? Vous n'avez aucune possibilité d'évolution de carrière à moyen terme ? Votre chef est un psychopathe ? Votre entreprise s'apprête à fermer votre site ou à le délocaliser ? Alors cherchez du boulot ailleurs !
Si vous êtes en CDI, il vaut mieux attendre d'avoir entre 3 et 5 ans d'expérience (sans quoi, le recruteur sera suspicieux.) L'astuce, c'est de rester discret tant que vous n'avez rien de concret. Dans une entreprise, ce sont rarement ceux qui crient sur tous les toits qu'ils vont partir, qui partent. Ensuite, une fois que vous avez un CDI sous le nez, vous pouvez tenter une négociation avec votre employeur. Parfois, il acceptera de mettre la main au portefeuille pour vous conserver (surtout dans les PME.) Mais la technique du "retenez-moi ou je mets mon CV sur Monster" est vouée à l'échec. Ne croyez pas non plus que parce que vous avez eu un appel de chasseur de tête, vous allez vite trouver ailleurs. Certains cabinets convoquent quasiment chaque personne qui met son CV en ligne ! Bref, tant que vous n'avez pas un contrat sous le nez, rien n'est joué. Parler trop tôt, c'est aussi risquer d'être mis au placard, voir carrément d'être licencié (les chefs n'apprécient pas les lâcheurs.)

lundi 27 octobre 2014

Blues de l'automne

Le temps s'écoule lentement pour le chômeur. Rien ne ressemble plus à un jour de semaine qu'à un autre jour de semaine. L'agenda est rythmé par les rendez-vous à Pole Emploi, les petites annonces et pour les plus chanceux, les entretiens.
Un jour, le chômeur lève le nez. Ca y est, on est en octobre. La rentrée est terminée (et l'euphorie qui va avec.) L'été est terminé. C'est déjà l'heure d'hiver. Les projets d'avenir restent dans les cartons. Et toujours pas de travail. 2 mois de chômage en plus. 2 mois de moins d'indemnisation.

C'est démoralisant pour les menteurs. Il faut toujours raconter qu'on est en recherche d'emploi "depuis peu". D'ailleurs, c'est votre "premier vrai entretien" depuis la perte d'emploi. Un chômeur de longue durée, c'est suspect. Les recruteurs se disent (parfois à juste titre) qu'il n'a plus l'habitude de se lever le matin et d'enchainer 8h de travail quotidien. Plus prosaïquement, ils se disent que s'il a échoué lors des précédents entretiens, c'est qu'il doit avoir une tare que lui n'a pas détecté. Donc méfiance. Donc le chômeur doit raconter qu'il cherche du travail depuis n-2 mois maxi. Et la date glisse au fil des mois. Lorsque vous sortez d'un CDD, vous en arrivez à quasiment en doubler la durée !

mardi 21 octobre 2014

Question idiote, réponse idiote...

Les recruteurs adorent poser des questions bateau. Non pas celles ayant trait à votre CV, mais les banalités. Parfois, l'entretien est plié au bout de 40 minutes, mais le recruteur tient à aller au bout d'une heure, quitte à meubler. D'autres fois, ils cherchent à se rassurer. Pour leur défense, il n'y a pas vraiment de formation en recrutement. Si vous n'êtes pas RH ou chasseur de têtes, vous ne savez pas forcément comment vous y prendre. Vous avez peur de miser sur le mauvais cheval.

Règle N°1 : oui, il y a des bonnes réponses.
Règle N°2 : répondez vite. Toute hésitation, toute réflexion sera prise pour un (mauvais) mensonge.
Règle N°3 : on ne vous demande pas d'être franc ou honnête ; vous devez avant tout dire ce que le recruteur veut entendre. Bienvenue dans le monde du travail !
Règle N°4 : ce sont des questions qu'on va vous poser 1000 fois... Mais il faut faire comme si c'était la première fois. Toute marque d'ennui (du style : encoooore ?) ou les blagounettes sont à proscrire.

Quelques questions-types :
  • Quelles sont vos 3 qualités ? Evitez de dire "le dynamisme" (vu 1000 fois) ou "le charisme" (on s'en serait rendu compte.) A défaut, dites "le sérieux" ou "le calme" (dans le sens "pas de décision à l'emporte-pièce".)
  • Quels sont vos 3 défauts ? Là, il n'y a aucune bonne réponse ! Tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous ! Charge à vous de trouver la moins pire des solutions.
  • Quelle est votre meilleure expérience/votre pire expérience ? Soyez enthousiaste sur la "bonne" expérience. Sur la mauvaise, atténuez au maximum les choses. Et ne dites surtout pas de mal de votre ancien chef ! 
  • Quels sont vos hobbys ? Bien sûr, il faut éviter de rappeler qu'ils sont inscrits, noir sur blanc, à la fin de votre CV. Evitez aussi d'évoquer des sports extrêmes (on pensera que vous êtes une tête brûlée) ou des hobbys solitaires (qui donnent une image d'asocial.) 
  • Pourquoi est-ce que je VOUS prendrais ? Là, il faut tout donner ! Soyez combatif ! Variante : qu'est-ce qui vous plait, dans ce job ?
  • Vous avez une question ? C'est LE meublage. Au cours de l'entretien, notez bien un point que vous voudriez éclaircir. Au pire, posez une question sur l'entreprise. Tout cela soulignera votre intérêt. Bien sûr, il faut éviter de piéger le recruteur (cf. "vous m'avez dit que l'ambiance est bonne. Mais vous m'avez aussi dit que mon prédécesseur a fait un burn-out. Ce n'est pas contradictoire ?)
  • Vous vous voyez où, dans 5 ans ?  Une autre question-piège. Si vous postulez dans une PME où vous n'avez aucune possibilité d'évolution, c'est une voie sans issue ! Sinon, dites que vous voulez plus de responsabilités, plus d'autonomie, etc. Mesdames, évitez d'évoquer vos projets de bébés (c'est éliminatoire...)

En conclusion, la meilleure parade, c'est de préparer les questions cons. Et plus généralement de se préparer à toute question indiscrète/piégeuse/embarrassante.

lundi 13 octobre 2014

Soyez différent... Mais pas trop


Lorsqu'un journal évoque le recrutement, c'est souvent sous un jour idyllique. Ainsi, cet article parle des anti-conformistes.

Anti-conformiste, ça n'est pas uniquement les gens qui ont un piercing ou qui refusent les costume-cravates. On parle de personnes vraiment différentes, avec un parcours original. Bien sûr, une entreprise a en permanence besoin de sang neuf. Il faut des gens qui sortent des sentiers battus pour apporter de nouvelles idées, de nouvelles solutions... Mais en pratique, personne ne veut les embaucher.
Tout d'abord, lorsque quelqu'un embauche un employé, il a tendance à vouloir un clone de lui-même. Il veut de la sécurité. Après tout, il se connait bien. Donc, il se dit que quelqu'un qui a plus ou moins le même parcours agira plus ou moins comme lui. La conséquence bien connue, c'est les bataillons de telle promotion de telle Grande Ecole, qui se retrouvent à travailler ensemble, qui dans les ministères, qui dans les conseils d'administration. Avec des risques de consanguinité et de manque de recul.
Surtout, ils ont souvent peur de ne pas pouvoir maitriser leur employé. Un déviant sera imprévisible, d'après la grille de lecture de son chef. Le chef fera un complexe vis-à-vis de quelqu'un de créatif ou d'intelligent. Un petit génie risque carrément d'être "dangereux" pour la carrière de son supérieur. Dans la Silicon Valley, on les adore. L'idée est d'en extraire le maximum d'idées (puis de les jeter une fois passé la date de péremption.) En France, on se méfie. Les artistes sont vus comme fainéant et les intellos, comme ne passant jamais à l'action. Dans le monde industriel, les gens ont tendance à brider leur créativité et à chercher plutôt des "bonnes réponses".

Enfin, les cabinets de recrutement ne veulent prendre aucun risque. Présenter un original à son client, c'est risquer de déplaire à son client. Donc de perdre un marché.

Concrètement, si vous avez un "parcours atypique", les portes se ferment. Mieux vaut maquiller son CV. Quant à la passion ou au loisir un peu "pointu", mettez le en page 2, l'endroit que personne ne regarde...

jeudi 11 septembre 2014

Rentrée

Pour un chômeur, les mois se suivent et se ressemblent quasiment. Mais après un mois d'aout pauvre en opportunités, septembre redonne de l'espoir. Ca y est, les sites d'emplois se remettent à jour ! Parfois, une agence d'intérim ou un cabinet de recrutement vous appelle. Juste pour nettoyer sa base de donnés. Les plus optimistes ont des projets : s'inscrire à une formation, se mettre à son compte, chercher un petit boulot. Après tout, ils sortent d'un mois à gamberger. Le chômeur qui vit en couple ou chez ses parents, est "encouragé" à bouger. Autrement dit, ses conjoints/parents en ont marre de le voir tourner en rond, matin et soir.

Cet état de grâce de la rentrée dure entre 15 jours et un mois. Car après, l'euphorie retombe. Les employés ont repris un rythme normal et le chômeur, lui, est conscient d'être resté à quai.

jeudi 24 juillet 2014

Entretien en plein été

La première quinzaine de juillet est un moment fatidique pour trouver du boulot. Après cette date, beaucoup de gens partent en vacances. Donc plus de recrutements. Si vous n'avez pas trouvé un boulot avant le 14 juillet, vous avez 99% de chance de rester au chômage qu'au 1er septembre.

Cet entretien est donc votre dernière chance. Problème : ce jour-là, le mercure est au sommet. Vous pouvez quasiment essorer votre chemise. Bannissez les transports en commun (sauf si vous voulez arriver avec une odeur de vestiaire de salle de gym.) Vous avez beau engloutir des litres d'eau, votre bouche est pâteuse. Vos mains sont moite; remplir le dossier d'inscription est un calvaire.) Et bien sûr, le côté "dernier entretien avant septembre" rajoute au stress, donc à la transpiration.
Ensuite, vous entrez dans le bureau. Soit il fait un froid polaire (donc vous attrapez un rhume, donc vous allez renifler), soit (cas le plus fréquent), le recruteur n'aime pas la clim (à vous 1 heure dans un four !) Quoi qu'il en soit, vous êtes déstabilisé (euphémisme.) Vous bafouillez, vous multipliez les "euh", il vous faut 5 minutes pour réfléchir au moindre point de carrière... Parfois, le recruteur essaye de vous mettre à l'aise, de détendre l'atmosphère, mais vous sentez que vous sombrer.
Si votre CV est en béton armé ou s'ils ont besoin urgemment de quelqu'un, on s'en fout. Sinon, c'est un fiasco complet. Le "je vais réfléchir" du recruteur ne trompe personne. Vous avez merdé intégralement. Si le chasseur de tête est présent, il va vous sonner les cloches. S'il avait su, il n'aurait jamais poussé votre CV. Il risque de se faire lui-même engueuler, voir de perdre le marché. Il va vous mettre sur sa liste noire personnelle. Pas besoin de le recontacter sur "d'autres opportunités".

En tout cas c'est fichu pour cet été. Vous devrez attendre septembre pour rechercher du boulot.

lundi 16 juin 2014

Les annonces de l'APEC

Récemment, sur France Info, une conseillère de Pole Emploi vantait le partenariat de l'agence avec divers sites web. Spécialiste de la langue de bois, elle faisait semblant de ne pas entendre les questions sur le travail au noir ou les fausses annonces. A contrario, elle mettait en avant la "qualité" de ses offres et un fin travail pour "éviter les doublons".

Beaucoup de conseillers n'ont qu'une vague notion du secteur privé et avec une certaine naïveté, ils sont persuadés d'aider les chômeurs. En "off", ils sont plus bavards : jobs sous-payés, intitulés erronés, descriptifs flous, manque de mise à jour du fichier (d'où des offres déjà pourvues.) De toutes façons, si vous êtes employeur et que vous déposez une offre, on ne va pas vous ré-aiguiller vers des candidats. Pole Emploi va juste publier l'annonce. En espérant qu'un candidat la remarque parmi une tonne d'offres bidons. Les conseillers plus lucides savent bien que ce service est au mieux inutile.
L'APEC n'est pas mieux pourvue, loin s'en faut. On y retrouve les jobs sous-payés et les contrats ultra-précaires. Une mission d'intérim à 24K€ proposée à des bac+5 senior, c'est fréquent. Des cabinets de consultants profitent du réservoir de chômeurs pour recruter à la chaine, pour des missions spécifiques. Et bien sûr, beaucoup d'annonces sont là uniquement pour que les cabinets se constituent des "CVthèques". Sans oublier les arnaques (vente pyramidale, travail à domicile, formations non-reconnues par l'état, etc.) Parfois, une adresse web renvoie vers un autre site d'emploi plus ou moins louche.
Les spécialistes de l'abus sont facile à identifier, donc à éliminer. Donc soit ils ne sont pas assez compétent pour trier. Soit ils publient sciemment des annonces bidons afin de grossir leurs chiffres.

mardi 27 mai 2014

The Net

Tous les conseillers vous le disent : vous devez vous créer un réseau. C'est le seul moyen d'atteindre ce fameux "marché caché de l'emploi".

L'un des moyens, c'est bien sûr les réseaux professionnels (Viadeo, Linkedin...) Vous vous inscrivez, vous remplissez votre fiche, vous vous mettez "ami" avec d'anciens collègues et camarades de classe, vous vous inscrivez à des groupes proche de vos sensibilités... Quelqu'un passe sur votre page ? Vous lui faites une demande d'amitié !
Vous vous imaginez déjà décrochant un travail, grâce à votre réseau. Qu'un ex-collègue vous dise : "Eh, l'entreprise X recrute !" Et en prime, grâce à lui, votre CV est en haut de la pile !
Et en vrai, comment ça se passe ? Vous vous rendez vite compte que 2 catégories pullulent sur les réseaux : 1) les gens qui, comme vous, cherchent du travail. 2) les gens qui ont quelque chose à vendre. Sans oublier les accros qui modifient leur CV et leur photo de profil tous les jours (qui feront autant de notifications sur votre compte.) Qui plus est, vous êtes vite limité. Ces réseaux ne sont pas des organisations philanthropique ; elles vous font payer des prestations. En général, vous avez droit à n contact et x mails gratuits; au-delà, c'est payant. En résumé, ce ne sont pas des endroits pour trouver un emploi. Il faut les voir comme un outil supplémentaire, à l'instar du dépôt de CV sur les sites de recherche d'emploi. L'autre intérêt, c'est de confirmer un CV-mytho. Parfois, lors du processus de recrutement, le stagiaire du recruteur fera une "vérification". C'est à dire taper votre nom sur Google. Si votre profil sur les réseau est d'équerre avec votre CV, le stagiaire considérera que sa mission est finie. Et bien sur, comme votre profil risque d'être visionné par des inconnus, évitez les photos compromettantes...

mardi 1 avril 2014

Le CV (3) : mentir, c'est bien !

Comment se sortir de la "malédiction du premier job" ? Comment éviter de devenir un "intérimaire à temps plein" ? La solution est implicite, même si elle est taboue : il faut mentir sur son CV. On l'a dit, les recruteurs ne s’embarrassent pas avec les profils peu expérimentés ou les parcours tortueux. On n'accepte même pas qu'un salarié soit licencié ou qu'il dise du mal de son ancien employeur.
C'est une vraie hypocrisie. Quant à Pole Emploi, on parle de "remettre en forme son CV" ou de "rendre cohérent son parcours", on sous-entend qu'il faut prendre des libertés avec la réalité.

Dans les films comiques, c'est un ressort archi-usité. Un chômeur s'invente une compétence, trouve un emploi et bien sûr, tôt ou tard, il est face à quelqu'un qui possède cette compétence. Par exemple, un ancien de la grande école où le héros est censé être passé ou quelqu'un qui parle la langue exotique que le héros est censé maitriser, etc. Et comme le héros est un mauvais faussaire, il se fait démasquer en quelques secondes.

Dans la vraie vie, il s'agit d'être raisonnable. Évitez donc de rajouter des expériences ou des compétences incroyables. Qui plus est, si vous êtes censé avoir travailler comme directeur international d'une très grande entreprise, pourquoi postulez-vous aujourd'hui à un emploi subalterne ? N'oubliez pas que le recrutement n'est qu'une étape. Une fois en poste, les mythomanes compulsifs risquent d'être vite démasqués et ça sera nuisible pour votre crédibilité, surtout pour les chefs d'équipe.
  • Le mensonge doit avoir pour but de lisser les "accidents" de votre CV (licenciement, longue période de chômage, enchainement de contrats courts...) Rallongez vos expériences, regroupez les jobs similaires ; votre parcours doit être "fluide". Vous devez passer pour un employé "stable", qui a enchainé de longs CDI et qui a quitté un CDI pour trouver un autre CDI.
  • Pour obtenir un meilleur job, il faut convaincre votre recruteur que vous l'avez fait. Si vous expliquez que durant votre précédent poste, vous étiez juste chargé de la préparation du café, on vous considérera incompétent pour un poste à responsabilité. En plus, vous aurez l'air d'un Calimero. A vous de gonfler votre expérience. Vous avez suivi de très loin un gros projet ? Vous voilà "chef de projet" !
  • Si votre CV est vraiment minable, inventez-vous des expériences. Google est votre ami pour pécher des informations sur ce job pipeau. Choisissez plutôt une grande entreprise : le recruteur qui demandera une référence s'y fera bouter par la standardiste.
  • Ne mentez pas sur votre dernière expérience. C'est elle que le recruteur appellera en priorité. Préférez plutôt les expériences anciennes.
  • N'oubliez pas te mettre d'équerre les CV que vous avez distribué à droite et à gauche (réseaux sociaux, sites d'emploi, APEC...) Ca serait dommage que votre mensonge vole en éclat en 2 clics sur Google...
Avant l'entretien, répétez bien votre mensonge. Ca doit sortir tout seul, avec conviction. Si vous semblez chercher vos mots ou que vous regardez les yeux au ciel, on vous prendra pour un menteur. De toutes façons, le recruteur est souvent un généraliste. Il posera rarement des questions techniques. Vous glissez une phrase ou deux et c'est gagné !
Vous êtes la même personne, avec les même qualités, mais on vous regardera différemment. Votre profil devient "intéressant". Le téléphone sonnera davantage. Les portes s'ouvrent.

mardi 25 mars 2014

Le CV (2), ce que cherchent les entreprises

J'aurais du commencer par là.

Le CV parfait n'existe pas. Chaque recruteur a "son" CV. Certains veulent des CV en une page. D'autres (plus rares) veulent des CV très détaillés, quitte à tenir sur quatre ou cinq pages. Certains veulent que le parcours scolaire soit en tête ; d'autres y font à peine attention, etc.

Globalement, ce que cherchent les recruteurs, ce sont des CV "fluides" : une série de longs CDI, dans des entreprises ayant pignon sur rue. Avec d'anciens responsables qui chanteront vos louanges. C'est un peu idiot, je sais : si vous étiez un employé modèle dans un environnement idéal, pourquoi êtes vous parti ?
Il faut aussi que vos compétences soient évidentes. Très évidentes. Très, très évidentes. Il faut éviter les romans du style " J'ai travaillé chez Untel, j'étais en charge de ceci, de cela, de la conception, de la mise en place et du suivi de telle autre chose, du lancement et de la création du trucmuche ainsi que du suivi de bidule." Evitez aussi le style télégraphique : "Employé de [service], point final ." Il faut mettre en avant ses résultats significatifs.

Le principal, c'est de garder en mémoire que souvent, c'est un stagiaire qui tri les CV. Il en visionne plusieurs centaines par jour et doit en retenir une petite vingtaine. Il va donc passer à peine quelques secondes par CV. En plus, on lui demande de travailler sur des postes très différents. Personne ne peut être expert en tout. Donc, faute de discernement, il va bêtement rechercher des profils correspondants au descriptif du client.

mercredi 19 mars 2014

Acid test

Les recruteurs adorent faire perdre leur temps aux candidats. Outre les interminables dossiers, on peut vous demander de remplir un test, sous la forme d'un QCM.

  • Le plus populaire, c'est le "test de logique". Vu qu'ils se ressemblent tous, c'est le meilleur moyen pour dénicher du "champion de mots croisés". Pour s'y préparer, il existe de nombreux petits livres, sans oublier Télé 7 jeux.
  • Juste derrière, il y a le test de comportement. En théorie, il n'y a pas de "bonne" réponse ; vous devez cocher la case qui correspond à votre caractère. Vous êtes face à des questions du type : " Le vendredi soir, à 18h29, votre supérieur vous demande de traitez immédiatement un dossier. Que faites-vous ? a) Vous lui faites un bras d'honneur. T'attendra lundi mon pote ! b) Vous vous mettez au travail, parce que vous êtes un employé dévoué et consciencieux. " Honnêtement, qui osera répondre "a)" ?
  • Le test d'anglais. " Where is Brian ? a) Brian is in the kitchen. b) Brian are the garden. c) Yes. d) C'est ça, un "test d'anglais niveau supérieur"? "
  • Le test de culture générale. Bien sûr comme il n'a pas été mis à jour depuis des lustres, il y aura des questions sur l'Europe des Quinze et des prix en francs...
Afin de vérifier que vous  soyez attentif, le test prend une bonne heure. Certaines questions reviennent deux fois avec de légère variante. Les plus jeunes se replongeront dans leurs souvenirs d'examens. Les candidats plus âgés auront tendance à se sentir infantilisés, voir carrément à paniquer (par peur de de l'échec.)
Ensuite, un ordinateur transcrit vos réponses et le recruteur peut en tirer des conclusions du niveau du quizz estival de magazine féminin. Les cabinets voulaient un outil fiable, rapide et objectif ; ils se retrouvent avec des tests biaisés. Mais le pire, c'est qu'il y a un emploi en jeu.

mardi 18 mars 2014

Les points éliminatoires d'un CV (1)

Un recruteur passe à peine quelques secondes sur un CV. Et encore, les plus pros ont des logiciels qui effectuent un pré-tri. Sachant qu'ils submergés de CV, ils ne vont pas s’embarrasser de profils sur lesquels ils ont un doute.

Voici ce qui est quasiment éliminatoire :
- Un trou de plusieurs mois dans votre expérience. C'est la conséquence d'une longue maladie, d'un congé maternité (chez les femmes), d'un séjour en prison ou pire, d'un chômage. En tout cas, la reprise d'activité risque d'être difficile.
- De nombreux enchainements d'expériences courtes. C'est un CV "d'intérimaire à temps plein". Vous êtes labellisé "instable".
- Les petits boulots. Pour payer le loyer, vous avez accepté un petit boulot, sans rapport avec votre diplôme. Là, on vous colle une étiquette de "marginal".
- Les études inachevées. Pour une raison x ou y (pas le niveau, réorientation, soucis financiers, maternité...) vous avez du interrompre un cursus avant terme. On va vous reprocher de ne pas avoir fait assez d'efforts. C'est particulièrement pénalisant chez les juniors.

Plus généralement, il faut éviter :
- Les CV en 2 pages, surtout pour les juniors. Vous risquez un "TL, DR".
- Votre CV doit utiliser au grand maximum 3 polices de caractère. C'est un CV, pas un carton pour un gouter d'anniversaire !
- Le CV anonyme. De toute façon, seuls les noirs et les Magrébins y ont recours. Donc, le recruteur se doutera que vous n'êtes pas "Européen".

jeudi 13 mars 2014

La malédiction du premier job

Parmi les conneries qu'on vous raconte à l'école, il y a le discours sur les "compétences". Un DRH recherche des "potentiels". Il se base sur ce qu'un candidat peut faire et non ce qu'il a fait.

Sauf que là, ça reviendrait à réfléchir sur le long terme. Or, les entreprises n'embauchent plus des gens pour les garder 20 ans. Elles ne voient que les projets à court, moyen terme. Un novice nécessitera un temps d'adaptation. Mieux vaut engager quelqu'un qui a déjà fait telle tâche dans son précédent emploi !
D'autant plus qu'avec 3 millions de chômeurs, on peut s'offrir le luxe de ne prendre aucun risque. Les cabinets de recrutement sont d'autant moins aventureux qu'ils sont eux-mêmes en concurrence avec d'autres cabinets. 

Corollaire N°1 : les DRH recrutent des personnes hyper-spécialisées. Donc souvent incapables de s'adapter au moindre changement (et hostiles au changement une fois passé responsable.) Notamment par manque de recul. Le principal, c'est qu'elles n'ont pas besoin d'adaptation. Pour les cabinets de consultant, c'est un argument : on vous envoi un profil taillé sur-mesure, d'emblée opérationnel.
J'ai pu le constater de visu. J'étais une fois en entretien dans une grande entreprise. Mon concurrent avait le look et le cerveau d'un candidat de TV-réalité, mais il avait travaillé pour une filiale de l'entreprise, par le passé. Donc il a eu le job. C'était d'autant plus ridicule que ce job n'avait rien de sorcier et que pour moi, la période d'adaptation aurait été courte.

Corollaire N°2 : à moins de tomber sur un recruteur compréhensif, vous serez exclusivement convoqué à des entretiens correspondant à votre ancienne occupation.
Vous maitrisez bien l'anglais ? Oui. Vous avez parlé anglais dans votre précédent emploi ? Non. Donc pas question de postuler à des emplois tournés vers l'international. Vous voulez quitter votre job merdique, mais on ne vous propose que des postes similaires ! Un vrai casse-tête si après vos études, vous avez du accepter n'importe quoi.
Pour les juniors, c'est le cercle vicieux du pas d'expérience, donc pas de travail, donc pas d'expérience, etc. Les plus vieux risque d'hériter d'une étiquette "PME" ou "intérimaire" collée sur le front à la superglue. De quoi donner le blues du zappé déjà évoqué.