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lundi 13 juillet 2026

Slop Linkedin... Sous IA

Lorsque vous cherchez un emploi, aujourd'hui, vous devez forcément passer par LinkedIn. Mon conseil, c'est d'y aller une ou deux fois par jour. Coupez les notifications et ne regardez pas votre mur...

LinkedIn remonte à un temps d'avant les réseaux sociaux. Lorsque l'on cherchait à connecter les particuliers entre eux.
La première étape, en 2001, ce fut Copain d'Avant. Un site pour retrouver ses anciens camarades de classe. Viaduc (devenu depuis Viadeo) transposa cela au monde professionnel. C'était basique : vous disiez où et quand vous aviez travaillé, point. LinkedIn arriva des USA en 2008. A l'origine, comme Viadeo, il proposait un genre de CV en ligne. Mais vous ne pouviez contacter que des proches ou des gens ayant supposément travaillé avec vous.

L'internet a fait des pas de géant durant les années 2010. LinkedIn a su en profiter et doubler Viadeo : ajout de davantage de texte, de photos, de logos... Pour le chercheur d'emploi, c'était l'occasion de détailler davantage ses expériences. On rempli souvent son profil au fil de l'eau. Les recruteurs peuvent donc davantage cerner un candidat... Et ceux qui modifient, voire s'inventent des expériences, via les écarts avec le CV... Les DRH en profitent pour cibler les faux employés et les employés un peu trop bavard sur des projets confidentiels.
Malgré tout, LinkedIn était un moyen d'accéder au fameux "marché caché de l'emploi"...

Puis, durant les années 2010, tout devait devenir "social". LinkedIn s'est doté d'un chat et surtout, d'un mur pour poster ses actualités. Il y a aussi des offres d'emploi ; mais le site les mets à jour tous les 36 du mois, donc passons vite dessus.
Si vous êtes une entreprise, le mur est utile pour communiquer. D'ailleurs, avant un entretien, c'est toujours utile de se rencarder sur les actualités de la société X, via LinkedIn. Le réseau vous donnant la parole officielle, alors que la presse pro va souvent aborder les sujets qui fâchent - et qu'il faut éviter d'évoquer -.
Mais LinkedIn, c'est avant tout un nombre infinitésimal d'autoentrepreneurs, de consultants, de coachs indépendants, etc. qui cherchent désespérément à exister. Solution : spammer son mur avec une histoire excessivement dramatique, pleine de jargon pro et d'anglicismes. Par exemple : "Au petit-déjeuner, j'ai voulu manger une tartine à la confiture. Arrivé à mi-tartine, je n'avais plus de confiture. C'est alors que j'ai eu une idée complètement disruptive : prendre du Nutella. J'ai métamorphosé le paradigme de la tartine, en pensant hors de la boite. Cela m'a permis d'optimiser ma tartine de façon non-conventionnelle. En entreprise, on n'ose pas sortir de sa zone de confort et se confronter à des idées qui vont contre nos croyances. Pour ceux qui n'ont pas peur de renverser la table, un nouveau chapitre s'ouvre à vous. Je conseille mon nouvel e-book (...)"

Le slop LinkedIn, c'était devenu un meme. Mais désormais, on conseille aux chercheurs d'emploi de produire du contenu, sur leur mur LinkedIn! Sauf qu'a priori, en tant que chômeur, vous n'avez pas d'actualité professionnelle. Et sûrement pas de manière quotidienne. Mais ne vous inquiétez pas : l'IA est là pour ça. Non seulement l'IA peut vous dire quels sont les moments stratégiques pour poster, mais aussi quoi poster, afin de créer de l'engagement. De l'engagement ? Vous n'êtes pas influenceur, vous cherchez juste un emploi ! L'IA peut même vous rédiger votre publication quotidienne, avec une illustration ou un schéma.
Bien sûr, l'IA n'est qu'un outil. En théorie, vous devez retoucher et personnaliser votre publication, avant diffusion. En pratique, la plupart des gens ne s'embêtent pas et ils publient tel quel. Cela donne des posts comme cela :
" "Ce n'est pas possible. Tu ne peux pas le faire."

Pourtant, je l'ai fait.

Grâce au Nutella, j'ai pu résoudre un problème complexe.

Au petit-déjeuner, je voulais une tartine à la confiture. Un plaisir simple.

Une tartine. De la confiture.

Mais à mi-tartine, j'ai eu un problème. Un problème insurmontable. Plus de confiture.

Mon plaisir simple était contrarié.

C'est alors que j'ai trouvé une solution. Hors de la boite.

Du Nutella.

Ma tartine était complète. J'ai pu profiter d'un plaisir simple.

(...)"
Comme les conseillers emploi sont unanimes (et que l'IA est à la mode), votre mur LinkedIn est spammé de ces pavetons imbitables et impersonnels. Sans oublier les traditionnelles photos de personnages avec trois mains ou quinze doigts. Plus personne n'a envie de consulter son mur. Le réseau est conscient du problème. Il annonce qu'il va désormais écarter les messages créés sous IA. Ce n'est pas de la philanthropie : les slops font fuir les utilisateurs. Or, ce que vend LinkedIn aux annonceurs, ce sont des encarts pubs sur le mur. A quoi bon mettre une publicité là où personne ne vient ? Ironie de l'histoire, c'est une IA qui va détecter les publications réalisées sous IA.

lundi 9 juin 2014

Rastignac


C'est un bulldozer qui fonce dans le tas. C'est un parasite qui n'apporte rien à personne. Vous vous souvenez du beau gosse qui s'était autoproclamé délégué de classe et qui a "réussi" son examen parce qu'il avait le bouquin de cours sur les genoux ? Vous vous imaginez que 10 ans après, il est quasi-SDF et ventripotent ? Perdu ! D'après les enquêtes, il gagne peut-être aujourd'hui le double ou le triple de votre salaire !

Il est avant tout une ambition et un égo hypertrophié. C'est un chasseur, en permanence à l'affut d'opportunités. Grand séducteur, il convainc son patron de lui filer d'emblée les missions les plus valorisantes. Mais il a déjà en tête d'entrer en contact avec son N+2. Il saura ensuite "vendre" ses réussites en haut lieu pour mieux négocier des promotions. En parallèle, il profite de chaque salon, chaque visite extérieure pour essayer de se placer. Il s'est fixé un but ultime et il fera tout pour l'atteindre.
Les mots "éthique" ou "fidélité" ont peu de sens pour lui. Vous pouvez l'aider ? Il devient votre meilleur copain... Mais bien sûr, le jour où il a trouvé un meilleur allié, son téléphone ne répond plus. Evidemment, il est hors de question d'espérer un "retour d'ascenseur". Vous êtes sur son chemin ? Il n'aime pas la concurrence. Il rependra les rumeurs les plus folles sur vous. Il utilisera son réseau et sera le plus zélé des fayots. Il DOIT vous éliminer, point. Ca n'a rien de personnel. D'ailleurs, au moment de votre pot de départ, il vous a déjà oublié.

L'entreprise est une jungle. Tous le monde n'obtient pas un trophée. Y compris parmi les meilleurs. Le Rastignac peut aller très loin. Et le facteur "compétence" entre à peine dans l'équation. Son talent, c'est de savoir dire ce que les gens ont envie d'entendre. Il peut prospérer quasi-indéfiniment. Personne ne dira : " Mais il fait quoi, lui, à part organiser des réunions, forwarder des mails et dire qu'il est occupé ? " Les plus malins savent s'entourer de "cerveaux" pour mieux capter leurs bonnes idées. D'autres préfèrent agir seuls : quelqu'un qui passe son temps à trahir et à mentir n'a confiance en personne.
L'angle-mort du Rastignac, c'est qu'il pratique la terre brûlée. Avoir un ambitieux comme collègue, c'est un calvaire : il ne fait rien, à part réseauter et il reçoit tous les compliments. Il est aussi exécrable comme chef : il n'est pas là pour mener des hommes, il est là parce que c'est une étape de son plan. Mis à part ce fameux plan, c'est du vide sidéral. Il n'a pas envie de manager et de s'occuper de choses qui ne peuvent rien lui apporter. Dans les cas les plus extrêmes, il est complètement incompétent, mais il progresse par sa capacité à brasser de l'air.
Mais parfois la roue tourne, un changement de direction, un mentor qui part à la retraite, une usine qui ferme, un excès de confiance... Ou tout simplement, il tombe sur plus ambitieux et voilà que le monde s'écroule sous ses pieds. Et c'est toujours jouissif de voir l'ex-fils prodige chuter.

mardi 27 mai 2014

The Net

Tous les conseillers vous le disent : vous devez vous créer un réseau. C'est le seul moyen d'atteindre ce fameux "marché caché de l'emploi".

L'un des moyens, c'est bien sûr les réseaux professionnels (Viadeo, Linkedin...) Vous vous inscrivez, vous remplissez votre fiche, vous vous mettez "ami" avec d'anciens collègues et camarades de classe, vous vous inscrivez à des groupes proche de vos sensibilités... Quelqu'un passe sur votre page ? Vous lui faites une demande d'amitié !
Vous vous imaginez déjà décrochant un travail, grâce à votre réseau. Qu'un ex-collègue vous dise : "Eh, l'entreprise X recrute !" Et en prime, grâce à lui, votre CV est en haut de la pile !
Et en vrai, comment ça se passe ? Vous vous rendez vite compte que 2 catégories pullulent sur les réseaux : 1) les gens qui, comme vous, cherchent du travail. 2) les gens qui ont quelque chose à vendre. Sans oublier les accros qui modifient leur CV et leur photo de profil tous les jours (qui feront autant de notifications sur votre compte.) Qui plus est, vous êtes vite limité. Ces réseaux ne sont pas des organisations philanthropique ; elles vous font payer des prestations. En général, vous avez droit à n contact et x mails gratuits; au-delà, c'est payant. En résumé, ce ne sont pas des endroits pour trouver un emploi. Il faut les voir comme un outil supplémentaire, à l'instar du dépôt de CV sur les sites de recherche d'emploi. L'autre intérêt, c'est de confirmer un CV-mytho. Parfois, lors du processus de recrutement, le stagiaire du recruteur fera une "vérification". C'est à dire taper votre nom sur Google. Si votre profil sur les réseau est d'équerre avec votre CV, le stagiaire considérera que sa mission est finie. Et bien sur, comme votre profil risque d'être visionné par des inconnus, évitez les photos compromettantes...