jeudi 25 juin 2026

Les pires recruteurs


En 12 ans que je tiens ce blog, je n'ai curieusement jamais évoqué les recruteurs. Voici une liste des pires... A bien y réfléchir, c'est presque une liste exhaustive des recruteurs. Car vous êtes rarement bien accueilli. Oui, mais entre ça et les chômages, le choix est vite fait... Comme le processus de recrutement est long, vous en verez au moins deux ou trois.

La stagiaire "wesh"
Pour appeler les candidats et valider les informations de base, les cabinets font appel à des juniors. Et c'est rarement des lumières. Quand vous voyagez au bout du monde, vous tombez sur des guides qui parlent un français digne de Molière... Elle, elle est née ici et pourtant, elle a du mal avec le présent de l'indicatif des verbes du premier groupe !

En général, elle ne fait que des appels courts. Vous répondez par oui ou par non et ensuite, elle vous fixe un rendez-vous avec un vrai recruteur. C'est pénible, mais bref.
Mais parfois, elle s'occupe aussi du premier vrai entretien. Elle lit les questions, sans aucune émotion. Vous avez répondu à la question 4) dans la question 2) ? Pas grave, elle vous la pose quand même ! Surtout, son langage limité est source de quiproquo. Par exemple, elle peut percevoir les formules de politesse comme de l'agressivité passive. Donc, votre profil risque d'être écarté à cause d'une erreur.


L'horloger
Vous aviez rendez-vous à 10h. Il débarque tranquillement, à 10h10, café à la main. Et il ne s'excuse même pas. Il n'a rien à foutre de vous.

Le gosse
Il est à peine plus vieux que la stagiaire. Et à peine plus malin.

Il se croit obligé de se présenter et de vous présenter votre cabinet. Sachant que c'est probablement la première et dernière fois que vous lui parlez. Même si vous êtes en prestation, vous ne serez jamais physiquement au cabinet.
Pendant 5 bonnes minutes, vous devez supporter sa présentation d'un ton monocorde. Vu son âge, son expérience est forcément limitée.

Ce qu'il en ressort, c'est que vous êtes plus vieux, plus capé, plus malin et que vous avez davantage fait d'études que lui. Mais vous êtes à sa merci.

L'interrogatoire
Là, c'est plutôt au deuxième niveau. Vous avez passé un premier entretien, vous avez rempli un dossier de compétence... Mais la personne veut tout revoir à zéro. Les questions s'enchainent : "Vous étiez où, de 2005 à 2006 ?", "Vous avez marqué que vous étiez [titre de poste], mais le poste ne correspond pas !"

Que cherche cette personne ? A valider votre profil ? Ou bien à vous piéger ?

La woke
Elle recherche des "profils diversifiés". Si la description de poste est en écriture inclusive (par exemple : recherche inforticien-ne-s) ou que l'entreprise se vante de "mettre en avant l'inclusivité", vous savez que c'est game over pour vous.

Le pêcheur de perles
Il cherche la perle rare. L'entreprise à eu une commande en Grande-Bretagne, en 1995 ? Il lui faut un commercial bilingue ! L'entreprise réalise 0,01% de son chiffre d'affaires dans le militaire ? Le qualiticien doit connaître les normes militaires sur le bout des doigts ! Et bien sûr, le salaire est inférieur à la moyenne.

Donc il a tendance à rejeter des candidats qui serait largement dimensionné pour le job.
Pour attirer ceux qui rentrent dans la case, le cabinet n'hésite pas à survendre le poste et l'entreprise. Une fois sur place, vous découvrez 9 fois sur 10 une PME minable, située au milieu de nul part.


Le mauvais bluffeur
Vous savez que vous êtes le meilleur candidat. Peut-être même que vous êtes le seul. Mais le recruteur ne veut surtout pas le montrer. Quitte à être inutilement agressif lors de l'entretien ou à faire trainer le processus.

Certes, la règle N°1 du commerce, c'est de masquer son intérêt pour le produit. Mais vous risquez surtout de dégouter le candidat. Or, le but du recrutement, c'est de changer un candidat en employé...


L'homme transparent
Vous passez un long entretien. Au moins, tout se passe bien. La prochaine étape, ce sera sans doute un "oui" par téléphone... Sauf que là, à la fin de l'entretien, l'interlocuteur vous dit que vous devez encore voir quelqu'un. La personne à laquelle vous avez parlé n'a pas les pouvoirs pour recruter quelqu'un.

Et 9 fois sur 10, la personne que vous avez vu, c'est votre N+1. Votre éventuel patron a beau avoir un titre qui prend trois lignes sur sa carte de visite, il n'a qu'un pouvoir décisionnel limité.
C'est ce que l'on appelle un mauvais présage pour la suite.

Le groupe
Vous êtes face à deux, trois personnes... Mais durant l'entretien, une seule parle. Les autres ne se réveilleront que lorsque l'on abordera leur sujet. En général, la personne qui parle profite de la supériorité numérique pour vous écraser.

Encore une fois, on se demande s'ils cherchent vraiment à recruter quelqu'un ou s'ils aiment juste humilier les gens...

SOS Fantôme
"Je transmets votre dossier au client et je reviens vers vous d'ici 48h." "On se voit lundi, je vous envoi tout de suite un mail de confirmation." Et c'est la dernière fois que vous entendez parler de lui.
Souvent, lorsqu'un candidat est écarté ou que le cabinet n'obtient pas le mandat, le candidat n'est pas prévenu.
En général, les entretiens s'enchainent. Si, au bout de 72 heures, vous n'avez pas de réponse, c'est mauvais signe. A moins que vous attendez un entretien avec un top executive, qui est toujours par monts et par vaux.
C'est d'autant plus une douche froide lorsque vous pensiez tenir la corde. Quant à la politesse... J'ai même eu un recruteur qui a discrètement annulé une réunion Teams...

La variante, c'est l'entreprise qui fait la morte pendant 2, 3 semaines. En fait, ils ont cherché quelqu'un d'autre. Faute de mieux, on revient vers vous. Vous avez bien conscience de n'être qu'une roue de secours...

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