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jeudi 9 juillet 2026

La pente glissante

De décennies en décennies, France Travail traite de moins en moins bien les demandeurs d'emploi. A croire qu'il y a une recherche permanente de la solution la plus impersonnelle, la plus frustrante !

A l'origine, le nouvel inscrit devait se rendre à un entretien personnel. Vous receviez un courrier qui vous disait : "Venez après-demain, à telle heure." C'était directif. Vous voila devant un conseiller souvent apathique. Il vous demandait de lui dicter votre CV (rassurez-vous, il ne pouvait rentrer que les deux dernières expériences.) Les champs pré-remplis ne correspondaient à rien. Il s'agissait avant tout de dire que oui, vous cherchiez un emploi. Et on vous reconvoquait régulièrement, de manière impromptue. vous signiez une feuille d'émargement et comme le logiciel merdait, vous étiez inscrit absent, synonyme de radiation.

Puis ce fut l'entretien collectif. Un conseiller impassible vous débitait des lieux communs. Un tiers des participants était en retard. Seule une minorité était venu avec un papier et un stylo. Certains ne faisaient même pas semblant d'écouter. A la séance de questions/réponses, vous aviez l'habituel cas social qui racontait sa vie... Et au bout de cinq minutes de monologue, le conseiller finissait par dire : "Je vais vous mettre en relation avec un conseiller..."

Durant le covid, c'était l'entretien en vision, par Teams. Vous aviez le même genre d'animateur/conseiller, avec le même discours prémâché, mais en distanciel. Technologie !

Et maintenant, vous avez des sessions animées par Ken & Barbie, au niveau national. Toujours en visio, mais caméra, micro et chat coupé. Vous ne savez pas combien de personnes sont présentes (100 ? 1000 ?) Ils ne font même pas semblant de personnaliser leur discours. Et quand je dis "Ken & Barbie", c'est ceux de Temu. "Euh... Et on charge la page suivante... Voilà... Euh..."